Catherine Chabert


Maintenant, il faut se quitter…

Aimer et travailler constituent les deux grandes entreprises de la vie et de la psychanalyse, selon Freud. L’auteur propose d’y ajouter : « être capable de se quitter ». Car, tout au long de la vie, la séparation scande le rythme de la présence et de l’absence, dans ses passages, ses aléas et ses désordres, dans ses rencontres et dans ses créations. Le rôle de la psychanalyse est aussi de faire cet apprentissage par l’expérience de la fin de la thérapie.
« Maintenant, il faut se quitter » : c’est l’injonction douloureuse qui résonne à nos oreilles lors de scènes de séparation et de disparition. Cet ouvrage les expose et interroge : comment y parvient-on ? Au-delà de la classique trilogie freudienne (angoisse, deuil, douleur), sont abordées les humeurs noires qui annoncent la clinique (dépressions), la métapsychologie (pulsion de mort), l’histoire via la littérature (Shoah), et l’amour maniaque, illustration de la lutte parfois folle, parfois indispensable, contre l’absence et l’oubli.
En traitant des angoisses liées à la séparation et à l’absence, la psychanalyste révèle alors une ultime question : le patient, guéri, peut-il se séparer de son médecin ?

Collection Petite bibliothèque de psychanalyse
Parution : 23 août 2017


La jeune fille et le psychanalyste

Elles viennent parfois difficilement, parfois complaisamment, elles viennent parler un peu de leur vie, surtout des événements qui jalonnent le temps entre deux séances. Elles parlent de ceux qui les entourent ou de ceux qui ne sont pas là – brillants du halo de leur absence – elles parlent rarement d’elles-mêmes sans détour, sans déplacement, directement. C’est une caractéristique étonnante, dont on pense généralement qu’elle n’existe pas à cette période de la vie tant l’accent est mis, toujours, sur la centration sur soi, sur l’égocentrisme et le narcissisme.

Elles ont entre 16 et 20 ans et parfois d’immenses difficultés à vivre : elles montrent leurs plaies ouvertes, leurs revendications perdues, étouffées, violentes. Elles évoquent un monde dur, logiquement cruel, irrémédiablement figé dans une injustice dont elles se plaignent sans révolte. Elles décrivent crûment une réalité dont elles se déclarent les victimes sans appel, fortes de leur dénonciation, de cette découverte nouvelle d’une déchirure inéluctable, trahissant les illusions de l’enfance, miroirs dérisoires d’une impuissance apparemment reconnue, reflets éphémères de croyances perdues. […]

Collection Psychismes, Dunod
Parution : juin 2015


Les Psychoses

Traité de psychopathologie de l’adulte

L’évolution de la recherche clinique dans le domaine des fonctionnements psychotiques met en évidence la nécessité d’en distinguer les organisations singulières, nécessité imposée notamment par l’importance des prises en charge thérapeutiques et de leurs particularités. On ne saurait aujourd’hui englober dans un seul diagnostic formulé en terme de « Psychose », les déclinaisons plurielles de ces graves troubles psychiques.
Ce quatrième et dernier volume du Traité de psychopathologie de l’adulte est composé de deux parties : « Fonctionnements limites et psychoses » montre le caractère indispensable d’une dynamique diagnostique différentielle : si les troubles narcissiques constituent la part commune de la souffrance, ils ne témoignent pas d’une atteinte identitaire d’allure dissociative. De la même manière, les investissements relationnels, marqués par la dépendance, aux limites de la confusion parfois, soutiennent cependant des liens effectifs et repérables.
Dans « Processus de la schizophrénie » l’étrangeté de la douleur psychique et de ses manifestations, la rupture des liens du sujet avec le monde et avec luimême, l’éclatement de la subjectivité et du sentiment de continuité d’exister posent, avec une acuité parfois tragique, le problème du désinvestissement narcissique et objectal, et en montrent les formes les plus sévères.

Avec Catherine Azoulay, Maurice Corcos, Françoise Couchard, Jean Gortais, Philippe Jeammet, François Pommier.
Collection Psycho Sup, Dunod.
Parution : 5 juin 2013


Le silence des émotions

Clinique psychanalytique des états vides d’affects

« Comment reprendre une étude psychopathologique des sentiments, soit en se fondant sur des états ( émotions ) soit sur des moments de la vie psychique ( affects ) ? Et comment répondre à la demande d’une pratique clinique tout autant sollicitée aujourd’hui qu’hier, sinon plus, par le « mal-être » qui occupe tant de patients ?
Pour relever ce défi les auteurs de cet ouvrage ont habilement choisi une voie qui leur a permis de contourner les obstacles en se penchant non sur la vie émotionnelle en général, mais sur son négatif ; non sur les affects mais sur leur absence, ou sur leur répression. […]
Un mot sur la structure de l’ouvrage. Il s’agit moins de trois parties distinctes traitant de trois thèmes distincts que de trois monographies qui chacune à sa manière reprend l’ensemble de la question en prenant appui sur une pathologie particulière. Chaque auteur peut ainsi allier une réflexion générale à son expérience personnelle, celle de la pathologie dépressive pour Solange Carton, celle des états-limites pour Catherine Chabert et celle de l’alexithymie pour Maurice Corcos.
Mais au bout du compte c’est à un véritable débat que les trois auteurs nous invitent. Aux passions collectives qui nous entourent ne sommes-nous pas dans la clinique de l’individuel confrontés à ce silence des affects et à ses conséquences néfastes ? » Daniel Widlöcher

Auteurs : Solange Carton, Catherine Chabert

Avec Maurice Corcos.
Collection Inconscient et culture, Dunod.
Parution : 29 juin 2011, réédition en 2013


L’amour de la différence

Par quelles voies les pièges mélancoliques de l’amour peuvent-ils être déjoués ? Par quelles forces les formes les plus contraignantes de la séduction narcissique sont-elles détournées de son emprise ? Au fondement de la psyché, la différence des sexes, dans son intimité la plus absolue, appelle une autre logique qui affirme l’existence d’objets internes pris dans les réseaux de la chose sexuelle. La différence n’est pas seulement dénoncée par la haine, ou par la tyrannie du même et du reflet : elle souligne la double référence au masculin et au féminin, au père et à la mère, elle permet d’aller chercher ailleurs ce que l’un n’a pas donné mais qu’un autre peut offrir, elle admet l’écart et la déception, elle combat les excès délétères de l’idéalisation. Tout ne peut pas être dit, tout ne peut pas être entendu dès lors que la différence est admise. La clinique de la psychanalyse, comme la littérature, persiste à montrer comment ce qui, de l’autre, reste mystérieux et insaisissable, déclenche l’attraction et excite le désir.

Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 13 avril 2011


La psychanalyse de l’adolescent existe-t-elle ?

Les psychanalystes n’ont rien à envier aux moines du Moyen-Âge, leurs disputes théoriques d’aujourd’hui valent bien les disputes théologiques d’antan. Les anges ont-ils un sexe ? Dieu qui peut tout peut-il relever une vierge après la chute ? La psychanalyse de l’adolescent existe-t-elle ? Quelle étrange question, alors que la pratique en est bien connue, établie presque depuis les origines (Dora, la jeune patiente de Freud, n’a guère que 18 ans…).
L’idée de cet ouvrage est née de l’une de ces disputes entre quatre des contributeurs : Jacques André, Catherine Chabert, François Marty et François Richard. Ni les anges ni les vierges n’étaient ce jour-là de la partie mais la « subjectivation » et le « développement en deux temps » de l’humaine sexualité… Nous décidâmes de faire sinon Concile, mais au moins Colloque de nos divergences.
Dora s’est bien allongée sur le divan de Freud, mais trois mois plus tard elle avait déjà fui les lieux… Ce que « Psychanalyste » veut, l’adolescent ne le veut pas nécessairement… L’existence des psychothérapies psychanalytiques d’adolescents est un fait, le bien-fait qui peut en résulter n’est plus à démontrer, alors… Il faut croire que la question demeure, celle que l’adolescent pose à la psychanalyse, à sa pratique, à sa méthode, à son écoute. L’adolescent est le patient du psychanalyste, l’adolescence est l’analysante de la psychanalyse.

Auteurs : Jacques André, Catherine Chabert

Avec Gérard Bayle, Isée Bernateau, Alain Braconnier, Maurice Corcos, Michèle Emmanuelli, Philippe Givre, François Marty, Sesto-Marcello Passone, François Richard, René Roussillon.
Presses Universitaires de France.
Parution : 13 janvier 2010


Psychopathologie des limites

Traité de psychopathologie de l’adulte

Au-delà des fonctionnements psychiques qui la constituent, la psychopathologie des limites se découvre à travers des troubles et des symptômes singuliers, mettant en évidence une problématique centrale : les liaisons entre dedans et dehors, entre moi et l’autre, mais aussi entre corps et psyché.
Ce troisième volume du Traité de psychopathologie de l’adulte est composé de deux parties : Psychopathologie de l’expérience du corps, consacrée aux atteintes du corps par les maladies somatiques, souligne la force d’attraction entre corps et psyché pour en instruire les processus d’interdépendance dans une élaboration métapsychologique indispensable ; Actes et dépendances traite des recours à l’acte, dans certaines conduites psychopathologiques si contraignantes qu’elles en deviennent compulsives, montrant les liens aliénants d’une dépendance excessive, en contradiction absolue avec leur visée consciente, formulée en termes de liberté ou d’indifférence.
Destiné aux étudiants de master et doctorat engagés dans une formation clinique et en psychopathologie, cet ouvrage s’adresse également aux cliniciens en exercice.

Avec R. Debray, Christophe Dejours, A. Ciavaldini, Pierre Fedida, Philippe Jeammet.
Collection Psycho Sup, Dunod.
Parution : novembre 2009, réédition en 2013


Narcissisme et dépression

Traité de psychopathologie de l’adulte

La mise en perspective du narcissisme et de la dépression est désormais classique dans les travaux de psychopathologie psychanalytique : le risque serait plutôt de les associer de manière systématique au point de les confondre. Le présent ouvrage permet d’éviter cet écueil et de suivre l’évolution des deux concepts en en dégageant la spécificité dans des champs différents.
Les auteurs, universitaires et psychanalystes, offrent ici une contribution substantielle et convaincante à l’élaboration clinique et théorique de ces problématiques et de leurs destins singuliers : dérives psychopathologiques majeures ou bien dégagement et ouverture vers des voies nouvelles.
Ce deuxième volume du Traité de psychopathologie de l’adulte est composé de deux parties : Narcissisme et perversion ; Figures de la dépression.
Destiné aux étudiants de master et doctorat engagés dans une formation en psychologie clinique et en psychopathologie, cet ouvrage s’adresse également aux cliniciens en exercice.

Avec René Kaës, Jacqueline Lanouzière, Françoise Neau, René Roussillon, Alexandrine Schniewind.
Collection Psycho Sup, Dunod.
Parution : 2009, réédition en 2013


Psychologie clinique et psychopathologie

L’objectif de cet ouvrage est de présenter aux étudiants de Licence de psychologie les principaux repères de deux disciplines princeps de leurs études : la psychologie clinique et la psychopathologie. Partant de la diversité des théories et des méthodes élaborées en clinique de l’adulte et interrogeant les rapports complexes entre normal et pathologique, les auteurs, psychologues cliniciens et enseignants à l’Université, soutiennent la pertinence et la rigueur d’une approche de la psychopathologie adossée au modèle psychanalytique du fonctionnement psychique.
C’est dans cette perspective qu’est proposée l’étude des grandes organisations psychopathologiques : névroses ( hystérie, névrose obsessionnelle, composantes phobiques, dépressions névrotiques ), fonctionnements limites ( fonctionnements limites dépressifs, à symptomatologie compulsive, dépendances et addictions, fonctionnements narcissiques ) et psychoses ( schizophrénie, paranoïa, manie et mélancolie ).
Pour chacune, la sémiologie et l’analyse clinique des conduites et des processus psychiques ( problématiques et mécanismes de défense ) permettent de saisir l’intérêt d’une nosographie dynamique étayée par une approche holistique du fonctionnement mental.
En amont, les auteurs présentent la spécificité de la méthode clinique en psychopathologie de l’adulte concernant plus particulièrement l’entretien clinique et l’examen psychologique à visée diagnostique. Au-delà de l’approche psychiatrique contemporaine, ils privilégient l’articulation entre l’observation clinique au plus près des expressions symptomatiques et l’exploration de l’ensemble du fonctionnement psychique au sein duquel seront saisis leur place, leurs fonctions et leurs sens.

Avec Benoit Verdon.
Série License Psycho, PUF.
Parution : 24 septembre 2008


Les Névroses

Traité de psychopathologie de l’adulte

Cet ouvrage est consacré à la question récurrente de l’existence effective des affections névrotiques dans la psychopathologie contemporaine : celle-ci est remise en cause notamment par la « découverte » des fonctionnements limites et leur inflation dans la clinique actuelle. Les auteurs, universitaires et chercheurs en psychanalyse, assurent le rappel des données cliniques et théoriques classiques et témoignent d’une prise de position rigoureusement défendue : l’émergence de nouvelles pathologies n’exclut nullement l’actualité de la névrose.
Ce premier volume du Traité de psychopathologie de l’adulte reprend les éléments essentiels de la psychopathologie psychanalytique à la fois dans ses sources freudiennes et dans ses développements ultérieurs. Il est composé de trois parties : Problématiques de l’hystérie ; La névrose obsessionnelle : contraintes et limites ; Névroses et fonctionnements limites.
Destiné aux étudiants de master et doctorat engagés dans une formation en psychologie clinique et en psychopathologie, cet ouvrage s’adresse également aux cliniciens en exercice.

Avec Jacques André, Bernard Brusset, Jacqueline Lanouzière, Aline Cohen De Lara, Vladimir Marinov.
Collection Psycho Sup, Dunod.
Parution : 12 décembre 2007, réédition en 2013


Psychanalyse des limites

Textes réunis et présentés par Catherine Chabert

En inventant il y a plus de trente ans la métaphore du Moi-peau, Didier Anzieu a contribué à instaurer la question des limites au centre de la psychanalyse. Il l’a instaurée à partir d’un « sang-mêlé » nouveau, avec l’idée d’une entité mixte, psychique-corporelle, dont la clinique et les pathologies des limites, internes et externes, vérifient la puissance. Il l’a inventée dans le mouvement d’une pensée des frontières, qui, pour être créatrice, doit être paradoxalement contenue et transgressive.
Il l’a mise à l’épreuve dans des dispositifs exploratoires aux limites des pratiques classiques de la psychanalyse. Il y est parvenu parce qu’il était suffisamment assuré de la rigueur de sa méthode et de sa connaissance de la métapsychologie freudienne et suffisamment confiant dans ses enveloppes psychiques pour pouvoir en reconnaître la fragilité et la fécondité.
René Kaës

Auteurs : Didier Anzieu, Catherine Chabert

Collection Psychismes, Dunod.
Parution : 2007


Les brumes de la dépression

« Quand il est d’humeur dépressive, l’enfant, ou l’adulte, jette une couverture sur la totalité de sa situation interne, ou laisse tomber sur elle, comme pour la contrôler, un brouillard, une brume, une sorte de paralysie où le tri du bon et du mauvais devient impossible. » Winnicott

Auteurs : Jacques André, Catherine Chabert, Catherine Cyssau

Avec Alain Abelhauser, Panos Aloupis, Vincent Estellon, Roland Gori, Alexandrine Schniewind, Olivier Thomas, Benoît Verdon, Marie-José Del Volgo.
Presses Universitaires de France.
Parution : 28 septembre 2007


Soigner l’anorexie et la boulimie

Des psychanalystes à l’hôpital

Parmi les troubles de l’adolescence, l’anorexie mentale constitue un objet de préoccupations théoriques et cliniques dont l’actualité ne se dément pas.

Cet ouvrage collectif a été élaboré par un groupe de psychanalystes et de psychiatres en institution qui ont confronté leur expérience clinique. Ils ont orienté leurs réflexions théoriques en se centrant sur l’étude du travail psychique dans ses rapports avec le monde interne et la réalité extérieure : ceux-ci montrent la force et la place privilégiée accordées en particulier aux modes d’investissement et d’utilisation de la perception, dans la dynamique des traitements.

Sont abordés, à travers ce fil conducteur les prises en charge institutionnelles, les thérapies familiales, le psychodrame et, bien sûr, les psychothérapies individuelles.

Avec Élisabeth Birot, Philippe Jeammet.
Collection Le fil rouge, PUF.
Parution : octobre 2006


Actes et dépendances

Comment admettre que l’action peut être fondamentalement déterminée par la passivité ? L’approche psychanalytique de cette problématique montre bien de quelles manières, certaines conduites, si contraignantes qu’elles en deviennent compulsives, sont sous-tendues par les liens aliénants d’une dépendance excessive, en contradiction absolue avec leur visée consciente, formulée en termes de liberté ou d’indifférence.

Le premier chapitre de cet ouvrage suit les grands axes théoriques de la psychanalyse freudienne et post-freudienne, à travers un large panorama des travaux consacrés à l’anorexie et à la boulimie au cours de l’adolescence. Le second chapitre propose ensuite quelques études cliniques plus spécifiquement centrées sur l’articulation entre conduites compulsives et féminité, dans la double perspective de la sexualité œdipienne et de l’angoisse de perte d’amour. Le troisième chapitre présente une réflexion approfondie sur les affects et les représentations chez les auteurs de violences sexuelles en s’étayant sur la clinique de suivis thérapeutiques au long cours de sujets sous main de justice. Le dernier chapitre, enfin, est consacré aux toxicomanies, et en particulier à l’héroïnomanie, à partir de la clinique très particulière que constitue l’univers carcéral.

Avec André Ciavaldini, Philippe Jeammet, Sandra Schenckery.
Collection Psycho Master, Dunod.
Parution : 7 septembre 2006


Résistances

La résistance, c’est d’abord la résistance dans l’analyse, cet obstacle clinique qui dans l’espace de la cure est aussi le plus sûr outil pour accomplir le travail analytique. Entre la violence de l’interprétation, le menace de la suggestion, le refoulement et la compulsion de répétition, est-elle encore, dans la pratique et la théorie de la pratique, l’adversaire essentiel ?
La résistance c’est aussi la résistance à l’analyse, le nom donné par Freud au refus du bouleversement qu’apportait la découverte d’un inconscient sexuel. Entre les mouvements d’assimilation, qui réussissent à dévorer leur objet sans reste, et les assauts toujours aussi vifs des procédures sociales et scientifiques normées, l’urgence n’est-elle pas aujourd’hui de mettre en œuvre une résistance de l’analyse ? Quand l’Etat veut se saisir de la psychanalyse, quand tout le mouvement social pousse vers la garantie et la certification, cette résistance de la psychanalyse cesse d’être une question simplement interne aux sociétés de psychanalyse.
Enfin le mot même de « résistance » rend compte des enjeux qui ont dominé l’histoire du mouvement analytique. Parce que, dans l’histoire des hommes, des filiations, des théories, l’un des moteurs de la transmission est le conflit, l’histoire de la psychanalyse est marquée par des ruptures et des scissions. La naissance de l’APF s’est inscrite dans l’un de ces moments.

Auteurs : Catherine Chabert, François Gantheret, Michel Gribinski

L’Annuel de l’APF, Résistances.
Association psychanalytique de France, 2005


Processus de la schizophrénie

Les psychopathologues et les psychanalystes ont été d’emblée mobilisés par le paradigme de la psychose que représente la schizophrénie, associée à la gravité des troubles et à leur éventuelle irréversibilité. L’étrangeté de la douleur psychique et de ses manifestations, la rupture des liens du sujet avec le monde et avec lui-même, l’éclatement de la subjectivité et du sentiment de continuité d’exister posent avec une acuité parfois tragique le problème du désinvestissement narcissique et objectal, et en montrent les formes les plus extrêmes. Les réflexions psychanalytiques se poursuivent aujourd’hui, et s’attachent non plus tant aux causes de la maladie et à ses déterminants qu’à l’étude dynamique du processus lui-même et aux méthodes thérapeutiques susceptibles d’en rendre tolérable le devenir. Les quatre contributions de cet ouvrage témoignent de la force de cette entreprise et de la détermination à en soutenir l’espoir. La première présente une rétrospective très complète et documentée des travaux psychanalytiques consacrés à la schizophrénie. La seconde s’attache à l’étude clinique approfondie de cette pathologie. La troisième, plus précisément centrée sur les décompensations psychotiques de l’adolescence, développe l’actualité des perspectives thérapeutiques. La dernière propose une réflexion métapsychologique qui place, au cœur du processus de la schizophrénie, l’angoisse mélancolique de la perte d’amour et son impensable résolution.

Avec Catherine Azoulay, Jean Gortais, Philippe Jeammet.
Collection Psycho Sup, Dunod.
Parution : 1er août 2005


Nouveau manuel du T.A.T.

Approche psychanalytique

Consacré à l’utilisation du TAT – Thematic Apperception Test – cet ouvrage, destiné aux étudiants en psychologie clinique et en psychopathologie ainsi qu’aux psychologues praticiens, expose la méthode d’analyse et d’interprétation élaborée à partir des travaux de Vica Shentoub et de ses successeurs.
Cette épreuve projective, en complémentarité avec le test de Rorschach, se révèle particulièrement pertinente dans l’exploration approfondie du fonctionnement psychique individuel. C’est dans une perspective psychanalytique que les auteurs ont développé leurs travaux en présentant une théorie du « processus-TAT » et en analysant les différentes conduites psychiques qui permettent au sujet de construire un récit.
Les auteurs proposent une méthodologie rigoureuse pour l’utilisation clinique du test. Conçu comme un manuel, le livre s’attache à présenter :
• la spécificité du matériel TAT dans ses aspects manifestes et latents, dimension originale rarement prise en compte ;
• la feuille de dépouillement ( nouvelle version ) qui permet de suivre la construction des histoires, de repérer finement les mécanismes de défense et leurs articulations ;
• des illustrations cliniques qui montrent les modalités de fonctionnement de différentes organisations psychopathologiques.

Auteurs : Françoise Brelet-Foulard, Catherine Chabert

Collection Psycho Sup, Dunod.
Parution : 14 avril 2005


Figures de la dépression

Les dépressions constituent l’un des soucis majeurs dans le domaine de la vie psychique.
Mais ce constat pose d’emblée problème : la dépression relève-t-elle d’une maladie ou bien peut-elle être considérée comme un état naturel de la condition humaine ?
C. Chabert, dans le premier chapitre, s’attache à l’analyse des cliniques de la dépression en affirmant la pluralité de ses formes, et propose par ailleurs une métapsychologie de la perte qui permet d’en saisir les soubassements pulsionnels et fantasmatiques.
A. Schniewind étudie de manière approfondie la détresse dans l’oeuvre freudienne, à partir de ses sources philosophiques, et présente une fine analyse de ses effets transférentiels.
J. Lanouzière traite des liens à la fois convenus et énigmatiques entre la mélancolie et la féminité, en illustrant les réflexions théoriques par des références littéraires et mythiques. R. Kaës étudie les dépressions conjointes et propose une étude originale des différentes formes de dépressions partagées, notamment dans le couple, le groupe familial et le groupe.
Cet ouvrage explore des voies nouvelles de réflexions cliniques et théoriques en résonance avec l’actualité de la psychopathologie des dépressions.

Avec René Kaës, Jacqueline Lanouzière, Alexandrine Schniewind.
Collection Psycho Sup, Dunod.
Parution : février 2005


L’oubli du père

Pater incertus, mater certissima… Le père est aussi incertain que la mère est certissime. Les conséquences de cette dissymétrie sont multiples. Parce qu’il peut ne pas y avoir de père, son éventuel amour prend la forme d’une élection, voire d’un luxe. Quand il n’est pas inconnu, le père est au moins improbable. De là à le négliger, l’éclipser, l’effacer… L’oubli du père revêt les formes les plus diverses, depuis l’accident que l’on voudrait insignifiant jusqu’à l’inéluctable destin.

Auteurs : Jacques André, Catherine Chabert

Avec Janine Altounian, Catherine Cyssau, Anny Dayan Rosenman, Martine Lamour, François Villa, Régine Waintrater
Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 8 avril 2004


Féminin mélancolique

Féminin et mélancolique, la liaison de ces deux mots peut paraître provocante dans sa hâte à associer la féminité au masochisme et à la perte. Dans toutes les cures, pourtant, s’entend un double message : l’un qui parcourt les réseaux du complexe œdipien, l’autre qui se dissimule dans les arcanes de l’angoisse de perdre l’amour. Dans son creux, le féminin abrite l’enfant, l’enfance et l’infantile, attirant à lui les images de la passivité, de l’impuissance et du désarmement. Ce féminin-là est présent chez les deux sexes. Point de cristallisation de la bisexualité et des identifications, il détermine le devenir sexuel de chacun. Sa part vivante peut alors se défaire de ses entraves mélancoliques.

Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 12 février 2003


Les voies intérieures

In Revue française de psychanalyse, tome 63, n°3, Les voies intérieures.
Parution : juillet 1999


Névroses et fonctionnements limites

L’évolution de l’expérience clinique, venue notamment de la pratique des psychanalystes, a conduit à considérer les états limites comme une référence centrale en psychopathologie et ce, souvent aux dépens des névroses. S’agit-il d’une organisation psychique spécifique ou d’un état intermédiaire, entre fonctionnement psychotique et fonctionnement névrotique ?
Face à ces modes psychopathologiques, on doit souvent admettre l’impossibilité de définir un tableau clinique univoque. Les fonctionnements limites sont en effet caractérisés par l’instabilité, l’hétérogénéité et le polymorphisme des troubles. Au delà, pourtant, des lignes de force sont susceptibles d’être dégagées et permettent d’analyser les modalités singulières de traitement des conflits aussi bien dans le registre de la problématique œdipienne que dans celui de la perte d’objet.
Cet ouvrage met en perspective l’ensemble de ces questions en interrogeant l’inflation démesurée de ce diagnostic dans les usages psychiatriques et psychopathologiques d’aujourd’hui, inflation qui montre bien les limites des classifications devant la complexité du psychisme humain.

Auteurs : Catherine Chabert, Françoise Brelet-Foulard

Avec Bernard Brusset.
Série Psycho Sup, Dunod.
Parution : 12 janvier 1999, réédition en 2003


Didier Anzieu

Parmi les grandes figures de la psychanalyse contemporaine, Didier Anzieu occupe une place originale et essentielle : son parcours d’humaniste, de la philosophie à la psychanalyse via la psychologie, soutient une démarche épistémologique qui concilie l’attachement rigoureux à la méthode et à la métapsychologie freudiennes, avec une ouverture, une extension des concepts et des techniques, dans des champs cliniques très diversifiés. Le psychodrame, la méthodologie projective, la dynamique de groupe, et bien sûr la cure classique, trouvent leur point de rencontre dans une recherche qui porte à la fois sur les contenants et les contenus psychiques.

Catherine Chabert fraie un chemin qui nous permet de suivre les mouvements communs et multiples qui traversent une oeuvre complexe mais accessible par la fécondité de l’expérience et la clarté de pensée qui l’animent. Elle s’appuie sur la fidélité aux problématiques de fond qui en constituent les lignes de force : l’auto-analyse de Freud, la psychanalyse du génie créateur, l’intérêt essentiel pour le problème des limites et pour la métapsychologie susceptible de les conceptualiser, enfin le concept de Moi-peau, lieu de convergence d’une clinique nouvelle et d’une théorie.

Collection Psychanalystes d’aujourd’hui, PUF.
Parution : 1996


Les méthodes projectives

Le concept de projection en psychologie fut « inventé » par L. K. Frank dans un article publié en 1939 dans le Journal of Psychology et les tests projectifs sont devenus un des instruments les plus précieux de la méthode clinique en psychologie et en psychanalyse. Cet ouvrage présente un tableau d’ensemble des tests projectifs dont les deux principaux, taches d’encre de Rorschach et histoires à inventer du TAT, sont largement expliqués, tant sur la méthode de passation que sur l’interprétation. La classification systématique des autres tests projectifs est accompagnée d’une notice sur chacun d’eux.
Publié pour la première fois en poche et régulièrement remis à jour depuis sa première publication en 1961, au fur et à mesure des nombreuses avancées dans le domaine de la projection en psychologie, ce manuel est LA référence obligée de tous les psychologues travaillant sur les tests de personnalité, que ce soit dans le cadre d’un suivi thérapeutique ou celui de conseil en orientation professionnelle. Une théorie psychodynamique de la personnalité est proposée comme modèle de référence du fonctionnement psychique.

Auteurs : Didier Anzieu, Catherine Chabert

Collection Quadrige, PUF.
Parution : 1961, réédition le 10 mars 2004 avec Catherine Chabert.


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