
Voici le premier livre de l’auteur de L’effort pour rendre l’autre fou. Harold Searles était alors un jeune psychiatre psychanalyste traitant des malades mentaux à Chesnut Lodge et déjà, comme il le fut toujours, totalement engagé dans son travail thérapeutique. C’est pendant cette période que prit corps l’interrogation qui anime tout le livre : comment s’acquiert et comment se perd le sentiment d’identité personnelle, et d’abord celui d’être un être humain ? Pour nous assurer de notre humanité, nous n’avons que trop tendance à définir tout ce qui n’est pas nous en termes purement négatifs : nous en faisons du « non humain ». Nous y englobons la nature, les animaux et parfois même nos semblables. Or, singulièrement chez les psychotiques, dont le sentiment d’identité est fragile, toujours menacé, cette bipartition ne tient plus. À l’angoisse panique de devenir non humain – une machine par exemple – répond leur désir de le devenir, de s’identifier à un paysage, à un arbre, à un chien…
Nul mieux que Searles ne sait rendre sensibles la proximité et l’étrangeté de la folie, ce que le délire porte à la fois de souffrance et de vérité.
Auteur : Harold Searles
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Daniel Blanchard.
Collection Connaissance de l’inconscient, Série La Psychanalyse dans son histoire, Gallimard
Parution : 22-04-1986