Les analystes de l’APF à Lyon

jeudi 23 novembre 2017

à 20h30
à l’Agora Tête d’Or,
93 rue Tête d’Or,
69006 Lyon

L’APF invite à Lyon

Les psychanalystes ont pris l’habitude d’opposer le registre de l’acte, de l’agir, au registre des représentations et nous ne distinguons pas assez les différentes formes que l’on peut reconnaitre dans le champ de l’agir : action, acte, passage à l’acte… De surcroit il est un terme qui a pratiquement échappé à tout usage psychanalytique c’est celui de « geste ». Pourtant le livre de Marcel Jousse, Anthropologie du geste, aurait pu retenir l’attention des psychanalystes, il faut croire que le fétichisme du langage introduit par Lacan aura privé d’éclairage toute investigation sur les autres modes de communication. Le geste, selon nous, devrait avoir une place essentielle. En effet l’opposition freudienne entre représentation de chose et représentation de mot n’exclut pas d’autres formes de représentations, ni d’autres facteurs de communication. Dans son article « Le “langage” perceptif du transfert » Kostas Nassikas va dans ce sens lorsqu’il souligne l’importance des éléments « hors langage » : « Nous pouvons ainsi dire qu’à travers les mots de la cure deux systèmes de sémantisation sont présents simultanément : le premier est le système de signification qui vient de leur appartenance « naturelle », c’est-à-dire de la langue ; le second est un système séméiotique (séméion  : signe) utilisant des signes perceptifs et ayant une syntaxe différente de celle de la langue ; ce deuxième « langage » est celui par lequel le transfert s’exprime en poussant les mots de l’analysant à quitter leur syntaxe linguistique et à régresser vers celle de l’action. » Ces signes perceptifs ne sont-ils pas portés par le geste ? Et s’agirait-il bien de régression ? Les mots s’accompagnent de gestes, l’intonation elle-même est un geste et ces modes de communication peuvent renforcer le message verbal ou au contraire l’amodier, le pervertir ou l’annuler. Le geste ne serait-il pas le véhicule de la communication paradoxale ? La compulsion à répéter, jouer, rejouer, imiter s’exprime largement par le geste. L’identification use du geste. Le geste est omniprésent dans tous les échanges interpersonnels, véhicule de la tendresse mais aussi du mépris, de la haine et de l’amour : le baiser est un geste qui en dit long…

Renseignements et inscriptions :
24, place Dauphine, 75001 Paris
tél : 01 43 29 85 11,
courriel : lapf@wanadoo.fr