Les journées ouvertes

samedi 16 janvier 2021

de 9h30 à 18h30
Les Salons de l’Aveyron
17, rue de l’Aubrac
75012 Paris

Pulsion(s), encore ?

Cette journée est renvoyée à une date ultérieure.

La pulsion pour quoi faire ? Ce fut le titre quelque peu provocateur d’une journée organisée par l’APF en 1984. Il s’agissait alors d’en découdre avec ce concept cardinal de la métapsychologie, en offrant à tous la possibilité de partager la passion des débats qui animait notre Association : de “l’objet source” selon Laplanche au “Moi- peau” d’Anzieu, en passant par “l’intentionnalité des actions” d’après Widlöcher. En 1915 déjà, alors que Freud se préoccupe de donner à la psychanalyse un statut scientifique, il s’appuie sur les pulsions et leurs destins pour démontrer la rigueur de sa démarche. Loin de masquer pour autant ses incertitudes et d’aplanir les contra- dictions, il ne cesse d’élaborer des théories successives qui se superposent plus qu’elles ne se remplacent, comme s’il présentait le paradigme même du travail ana- lytique qui tolère les paradoxes et supporte les ambivalences.
Un fil rouge émerge, par la mise en conflit des pulsions sexuelles avec ce qui leur fait obstacle ou les divise intérieurement. Freud déploie de multiples dualismes, que ce soit celui du sexuel et de l’auto-conservation, d’une libido narcissique opposée à une libido d’objet, pour aboutir, au-delà du principe de plaisir, aux pulsions de vie et aux pulsions de mort, déplaçant radicalement la conflictualité du côté de la liaison et de la déliaison. L’arborescence des dualismes s’étend à d’autres couplages qui s’opposent ou s’intriquent : l’affect et la représentation, le plaisir et le déplaisir, l’activité et la passivité, l’amour et la haine, avec de complexes renversements, retournements, refoulements ou sublimations.
Mais au-delà de cet aspect théorique, comment rendre compte de la force pulsion- nelle, qui prend au corps l’analysant comme l’analyste dans l’embrasement transfé- rentiel ? S’agit-il encore de discuter la pertinence d’un concept aux limites du somatique et du psychique, ou de restituer des forces vives, liées à l’actualisation de fantasmes infantiles qui s’emparent de la séance pour faire feu de tout bois ? Cette journée offrira l’occasion d’un parcours dialectique entre l’approche de la pul- sion au singulier, comme concept toujours à questionner, et celle des pulsions plu- rielles, mises en acte dans l’ici et maintenant de l’analyse.

Renseignements et inscriptions :
24, place Dauphine, 75001 Paris
tél : 01 43 29 85 11,
courriel : lapf@wanadoo.fr