Éditorial

Mars 2018

L’APF organise régulièrement deux activités ouvertes : la Rencontre de septembre, tous les ans, et une Journée ouverte au mois de janvier tous les deux ans. D’autres activités ouvertes sont organisés ponctuellement.
Après une journée consacrée à l’œuvre de Jean Laplanche en 2013 et une autre à celle de Guy Rosolato en 2014, « La domination est-elle masculine ? » a été le thème de la journée ouverte de septembre 2015 suivi par « La folie de la norme » en 2016. Chacune de ces rencontres de l’APF avec des pensées venues d’autres champs du savoir a été fructueuse, même quand à priori la rencontre pouvait sembler improbable, comme avec le monde du droit il y a trois ans. Aussi souhaitons nous conserver ce temps d’échange avec d’autres disciplines et avec un public élargi, puisque cette journée de travail est ouverte à tous, En 2017, le samedi 16 septembre, nous avons abordé la question de l’identité, thème d’actualité s’il en est. Actualité discutable de notre point de vue, ce qui nous a fait choisir le titre en lui-même programmatique “Décomposition de l’identité” en prenant appui sur une de dernières conférences de Freud (1933), “Décomposition de la personnalité”.
Nous avions sollicité Vincent Descombes qui avait publié en 2013 Les embarras de l’identité, et Eric Bordas, dont le livre sur le « Style ». Un mot et des discours interroge un terme de manière à faire éclater son apparente unité. Dominique Clerc et Laurence Apfelbaum ont abordé la question du point de vue de la psychanalyse.

Cette manifestation n’a pas été la seule ouverte à tout public en 2017. Nous avons accepté la proposition du Centre Jean Starobinski de la Bibliothèque nationale suisse d’organiser conjointement une soirée sur “Jean Starobinski et la psychanalyse”.
C’est tout naturellement que l’APF a été sollicitée pour co-organiser cette soirée, en souvenir et raison de l’amitié et de l’affinité intellectuelle qui ont réuni Jean Starobinski et J.-B. Pontalis, autour de la Nouvelle Revue de Psychanalyse notamment.
L’événement a rassemblé deux conférences : l’une par John E. Jackson, universitaire spécialiste de littérature poétique, et l’autre par Edmundo Gómez Mango, psychanalyste, auteur avec J.-B. Pontalis de Freud avec les écrivains (Tracés, Gallimard, 2012). Martha Sábado Novau a fait, dans son introduction, le point sur la question.
La réunion avait pour but d’étudier la manière dont Starobinski s’est inspiré de la psychanalyse dans sa lecture des textes littéraires, et aussi d’évaluer l’apport, pour tout psychanalyste, de la réflexion sur l’interprétation qu’il a proposée. Nous voulions aussi que cette rencontre soit une invitation à explorer, à la lumière des liens de Starobinski avec la psychanalyse, certains des enjeux qui réunissent aujourd’hui autant des universitaires que des passionnés de littérature et des psychanalystes. 

La prochaine Rencontre de septembre, le samedi 15 septembre 2018, aura pour thème “Destins du fraternel” avec la participation de Brigitte Eoche-Duval, Jean-Yves Tamet et de notre invité, Michel Schneider. Jacques André en sera le Directeur de discussion.
Le monde des frères et des sœurs est une part inéluctable de l’existence de tout être humain, un destin. Depuis le monde de l’enfance, le fraternel, la relation avec les pairs du même âge, inscrit fortement des configurations qui tendent à se répéter, jusque dans le transfert : frère ou sœur plus grand, plus petit, plus beau/belle, enfant préféré des parents, rival éternel, adoré autant que haï. Ces liens libidinaux et destructeurs sont à l’œuvre dans la vie sociale autant que dans la vie psychique de chacun : camarade, collègue, condisciple, confrère, copain, la liste de ces liens est longue !

La Journée ouverte aura lieu le samedi 19 janvier 2019 avec pour thème “Le refoulement en héritage”. Nous entendrons les exposés de Catherine Chabert – discutant Laurence Kahn –, de Claude Barazer – discutant à déterminer – et de Viviane Abel-Prot, – discutant Bernard de la Gorce –. André Beetschen dirigera les débats tout au long de la journée.
“Le refoulement en héritage” : la formule est volontairement complexe, voire ambiguë. Est-ce le refoulement dont on hérite ? Le refoulement est certes un des concepts clés de la psychanalyse dont tout analyste hérite. Or tout héritage comporte sa part de refoulé, il est presque nécessairement porteur d’une part enfouie et ignorée. Encombrant héritage alors, qu’on le brandisse avec fierté ou qu’on feigne de le mettre de côté, il peut aussi devenir un puissant motif d’élaboration pour peu qu’on veuille l’explorer sans trop de préjugés.

Deux autres activités ouvertes auront lieu en décembre 2018 et courant 2019.
Une rencontre le matin du 8 décembre avec la participation de Jorge Canestri et de Laurence Kahn. “Pluralité des théories et ses effets dans la formation du psychanalyste” en sera le thème.
Jorge Canestri a une longue expérience des instances de l’IPA (International Psychoanalytical Association), de la FEP (Fédération européenne de psychanalyse, il en est actuellement son président) et de l’IJP (International Journal of Psychoanalysis). Depuis longtemps il s’intéresse aux questions épistémologiques liées à la psychanalyse et aux problèmes de la recherche dite scientifique. En outre il a une position assez tranchée concernant les questions des modèles de formation. La discussion avec Laurence Kahn sera donc l’occasion de confronter ce que la psychanalyse peut dire de sa scientificité, de l’orientation de la recherche et de ses implications dans la formation.
Courant 2019, André Beetschen discutera avec Lionel Naccache, chercheur en neurosciences, à partir de son dernier livre, Le chant du signe. Le sous-titre de celui-ci, intitulé Aventures et mésaventures de nos interprétations quotidiennes, engage en effet au débat ! Celui-ci  s’appuiera aussi sur les approches différentes qu’un texte comme « L’inquiétante étrangeté » – l’Unheimliche freudien – peut susciter, notamment sur la question de la perception.

L’activité scientifique de l’APF, réservée à ses membres et analystes en formation au sein de son Institut, se penchera encore sur les « Objets de la méthode » au long d’un cycle de débats commencé en 2017 et qui se terminera en mai 2019. Revenir sur ce qui fait le cœur de la spécificité de la psychanalyse, sa méthode, nous semble en effet toujours salutaire, pour en approfondir la pratique et la métapsychologie. Les Entretiens de psychanalyse, qui se tiennent deux fois l’an, ont eu pour thème en décembre 2017 « Métapsychologie de la solitude », en juin 2018 ce sera « Le détour ». Si la solitude n’est pas à proprement parler une notion psychanalytique, l’intitulé indiquait comment nous souhaitions l’étudier d’un certain point de vue, et notamment dans ses racines sexuelles infantiles. Le thème du détour revient en revanche au cœur de l’œuvre freudienne et de l’expérience psychanalytique.

Nous poursuivons ainsi la tradition de l’APF qui tente continûment de conjuguer ouverture sur les préoccupations contemporaines et les autres champs du savoir et retour sur l’œuvre du fondateur de la psychanalyse.

Leopoldo Bleger

Agenda

  • Samedi 9 et dimanche 10 juin 2018
  • samedi 26 mai 2018

L’enfant de la psychanalyse. Retour sur l’angoisse (2018)

L’Enfant de la psychanalyse : la psychanalyse a fait naître dans la culture un enfant scandaleux, un être sexuel polymorphe. Elle l’a engendré à partir de l’analyse des adultes, grâce à ce que celle-ci dévoile : la présence de l’infantile à la … Continuer la lecture