Jacques André


Cicatrices de la psychose

La cicatrice désigne la trace laissée par une blessure aussi bien physique que morale. Quelle trace laissent les psychoses quand elles se sont retirées, sinon de la vie psychique, au moins de ses manifestations les plus bruyantes ? Quelle trace psychique, mais aussi bien corporelle, s’il est vrai qu’il n’est rien de tel que la psychose, ce « langage d’organe », pour rendre nulle et non avenue la division de l’âme et du corps ? « Le moi est avant tout corporel » (Freud), chacun de nous en « sait » quelque chose, mais les psychotiques plus violemment que d’autres en conservent la mémoire. La cicatrice signe la guérison en même temps qu’elle exhibe le témoignage d’un temps dont il serait imprudent de dire qu’il est révolu. Les cicatrices de la psychose ne concernent-elles que l’ancien psychotique ? Ou les relations que le commun des mortels entretient avec l’« inquiétante étrangeté » de la réalité psychique font-elles de la « folie » la chose du monde la mieux partagée ? Des psychanalystes interrogent à partir de leur pratique la démesure et l’énigme de la psychose.

Avec Maurizio Balsamo, Claude Barazer, Fanny Dargent, Marie Dessons, Estelle Louet, Françoise Neau.
Collection Petite bibliothèque de psychanalyse
Parution : 5 octobre 2016


Vie et mort des affects

Vincent ne comprend pas… sa mère est morte il y a quelques semaines, « ça ne m’a rien fait… » Il aurait aimé pleurer à l’enterrement, rien n’est venu, pas même une montée de larmes qu’il aurait dû retenir. La mort de son chien, il y a un an, l’avait autrement ému. Mélanie « souffre » du mal inverse. Elle assistait la veille aux obsèques de la mère d’une amie, une femme tout juste aperçue une ou deux fois. Hier, comme à chaque mort à laquelle elle est conviée, elle s’est mise à sangloter bruyamment, attirant l’attention sur elle, y compris des proches moins évidemment éprouvés. « Tout cela est ridicule. » Elle qui n’a, à ce jour, perdu aucun étre cher, « perd » ces quasi-inconnus comme elle perdrait père et mère. Y a-t-il un affect qui soit jamais parfaitement à sa place ? Au-delà de réactions très déplacées, comme celles de Vincent et Mélanie, existe-t-il une façon d’étre touché qui serait l’exacte traduction d’un état d’âme ? Les mots de la question la rendent déjà instable, car celui qui a des « états d’âme » n’est pas le mieux placé pour nous en faire toucher la « vérité ».

Auteurs : Jacques André, Catherine Chabert

Avec Solange Carton, Françoise Coblence, Aline Cohen de Lara, Marie Dessons, Catherine Matha.
Collection Petite bibliothèque de psychanalyse
Parution : 6 avril 2016


Psychanalyse, vie quotidienne

Ce titre, Psychanalyse, vie quotidienne, est à l’image du contenu, un témoignage, au fil des séances et des analysants, de l’expérience psychanalytique de tous les jours. C’est toujours un défi de rendre compte de celle-ci. Parce qu’elle ne supporte pas de tiers, qu’elle exclut tout observateur, elle n’est véritablement accessible qu’à celui qui s’y prête. D’où le parti pris de moins raconter que présenter : un mot, une phrase, un bref échange… avec l’espoir qu’à saisir l’instant d’une séance, on puisse faire entendre ce qui fait l’étrangeté de la psychanalyse, qui est aussi l’étrangeté de l’inconscient, soit le fonds le plus personnel, le plus méconnu et le plus inacceptable de la vie psychique de chacun.

Collection Grise, Stock.
Parution : 2 septembre 2015


Les travaux forcés de la répétition

Obsessions, addictions, compulsions

La répétition a un double visage. Synonyme du transfert, elle permet aux formations de l’inconscient d’être là in praesentia, d’actualiser la violence de la chose psychique sans quoi il n’y aura jamais d’analyse possible. On ne peut tuer son père in absentia… la formule de Freud vaut pour tous les désirs inconscients. Leur déliaison, leur analyse, leur interprétation suppose qu’ils s’incarnent, qu’ils trouvent dans la situation analytique l’occasion de prendre chair.

Mais la répétition (à l’image de l’addiction, de l’obsession) peut aussi ne plus répéter qu’elle-même, tel un disque rayé qui n’arrive jamais à passer au sillon suivant. Rythme délétère d’une répétition qui devient compulsive, sans issue, jusqu’à condamner l’analyse à devenir interminable. Comment répondre à un tel défi ? Comment faire ce pas de côté qui sort la roue de l’ornière ?

Auteurs : Jacques André, Catherine Chabert

Avec Jean-Louis Baldacci, Maïa Guinard, Catherine Matha, Mathilde Saïet, Gérard Szwec.
Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 4 mars 2015


La perversion, encore

La notion de perversion en psychanalyse se limite-t-elle au déni de la différence des sexes ? Le fétichisme est-il le modèle de toute perversion ou n’est-il qu’une perversion parmi d’autres ? Quelle place accordée au narcissisme, au masochisme… dans ce tableau ? Comment spécifier l’écart entre l’enfant pervers polymorphe et le pervers adulte ?

Ces questions sont autant de façons de réinterroger la pertinence de la notion psychanalytique de perversion dans un espace social et culturel où les comportements sexuels adultes ont profondément évolué en quelques décennies.

Auteurs : Jacques André, Catherine Chabert, Patrick Guyomard

Avec Vincent Estellon, Karinne Gueniche, Bernard de La Gorce, Françoise Neau, François Pommier.
Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 14 janvier 2015


Le moi cet incorrigible

La psychanalyse a d’abord commencé par s’affronter à “la chose la plus étrangère au moi”, le refoulé et le cortège de symptômes qu’il entraîne dans son sillage, véritable “terre étrangère interne” au moi. Et puis le plus évident, ce moi que Freud a emprunté en toute simplicité à la psychologie populaire, sans devenir à son tour le plus inquiétant, s’est cependant révélé le lieu de “choses auxquelles on n’était pas préparées”.
Le moi est-il lui aussi analysable ? Ou, plus modestement, est-il modifiable, corrigible ? Des psychanalystes, à partir d’expériences cliniques très diversifiées, s’efforcent de répondre à ces questions. Les auteurs de ce livre sont tous psychanalystes. A partir d’une clinique de l’enfant, de l’adolescent, de l’adulte, de la personne âgée, ils tentent de suivre l’évolution et les transformations du moi au fil de l’expérience psychothérapeutique.

Auteurs : Jacques André, Patrick Guyomard

Avec Fanny Dargent, Marie Dessons, Vincent Estellon, Sylvain Missonnier, François Pommier, Benoît Verdon.
Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 23 avril 2014.


Les 100 mots de l’enfant

« C’est pas juste », « t’es plus ma copine », « encore » ou « quand je serai grand… »
L’enfant ne se contente pas d’apprendre à parler sa langue maternelle, il construit à l’intérieur de celle-ci son dialecte singulier. Au-delà de ces formules enfantines, aller à la rencontre de l’enfant au travers de ses mots, c’est rechercher ceux – chagrin, cauchemar, ennui, innocence, cruel, secrets… – qui permettent de décrire le monde de l’enfance, l’originalité de son expérience.
Ce livre est autant une invitation à écouter et regarder plus et mieux nos enfants qu’à se remémorer le temps de l’enfance.
Chacun des 100 mots nous rappelle la particularité de cet âge de la vie où les questions posées ne reçoivent jamais, de la part des adultes, de réponses pleinement satisfaisantes. Car l’enfant est à sa façon un philosophe en herbe, il disserte sur les énigmes de toujours, celles qui ont l’âge de l’homme.

Collection Que sais-je ?, PUF.
Parution : 24 août 2013


Le corps de psyché

Nul ne s’émancipe de vingt-cinq siècles d’une conviction dualiste qui, depuis Platon, oppose radicalement l’âme et le corps, et formate à notre insu nos catégories de langue et de pensée. Tout de l’expérience psychanalytique pourtant, celle de ce « corps étranger interne » qu’est l’inconscient, contribue à brouiller des distinctions trop claires. Il n’est de processus « psychique » qui, à l’image de l’angoisse ou du plaisir, ne dispose de son trajet somatique. Mais Psyché ne se contente pas de passer par le corps, elle en détourne les fonctions, à l’image de la faim de la boulimique, de la constipation chronique de l’obsessionnel ou de l’hypertension du patient « psychosomatique ».
La psychanalyse navigue entre deux écueils, celui d’une différence de nature entre corps et psyché à l’image du dualisme cartésien, ou inversement, celui d’une identité à la Groddeck, qui en vient à supprimer l’hétérogénéité du corps, du soma biologique. Le premier écueil ignore à quel point Psyché est corporelle, le second réduit toute pathologie somatique (cancer compris) à un phénomène psychique. Où s’arrête le corps de Psyché, où commence le soma du biologiste ?
« Psyché est corporelle, n’en sait rien ».

Auteurs : Jacques André, André Beetschen, Isée Bernateau, Catherine Chabert

Avec Françoise Coblence, Alexandrine Schniewind, Gérard Szwec.
Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 17 avril 2013


La sexualité masculine

« Ce serait quand même plus facile si, de temps en temps, elles disaient : “ Oh non ! Oh non… ” » Elles disaient « Non », elles disent « Oui »… Tout le problème est que la liberté sexuelle conquise par les unes ne crée pas symétriquement des hommes d’autant plus libres. Ce que la sexualité masculine a perdu en triomphe (avec ou sans gloire), elle l’a gagné en incertitude et en questions… Elle est par là même (re)devenue intéressante ! À l’heure de la parité, la domination masculine a perdu de sa tranquillité, le machisme est en berne.
À partir de paroles d’hommes recueillies sur le divan, mais aussi au fil des lectures, Jacques André explore sans détour la vie sexuelle des hommes, sa part la plus intime. Il en interroge les sources, les conflits, les transgressions, les passions, les désirs d’aujourd’hui, qui sont souvent aussi ceux d’hier. Sans fausse pudeur, il sonde ce sexuel qui constitue en chacun de nous la pointe vive de ce qui nous fait jouir… ou défaillir.

Collection Que sais-je ?, PUF.
Parution : 6 février 2013


Paroles d’hommes

« Le monde me paraît moins sûr ». Pierre a perdu sa tranquillité. Le monde est devenu une terre étrangère. Il se découvre en homme inquiet, lui dont la qualité consistait jusque-là à exercer auprès de ses proches une présence rassurante. « Ma mère est morte ». il lui arrive de répéter ces mots à haute voix, comme une annonce venue d’ailleurs qui le laisserait incrédule. Sa mère est morte à un âge, un grand âge, où la mort n’est pas un événement. Lors de sa dernière visite, la veille, il l’avait trouvée mal en point. Et pourtant sa surprise avait été totale, un coup sur la tête asséné par derrière. Le téléphone lui apprenant la nouvelle était tombé de ses mains, et lui-même n’avait dû qu’au sofa qui se trouvait là de ne pas s’effondrer plus bas. Pierre n’est pas menacé par l’effondrement, celui que Winnicott décrit dans les configurations borderline. Mais quelque chose en lui s’en approche, une terre sur laquelle on ne sait plus marcher, une perte de substance, quelque chose qui n’arrive pas à se mettre au passé. Le monde est moins sûr.

Collection Connaissance de l’inconscient, Tracés, Gallimard.
Parution : 12 janvier 2012


Les 100 mots de la sexualité

La sexualité a une particularité qu’elle ne partage avec aucune autre activité humaine, celle de pouvoir s’emparer de la langue entière, de sexualiser n’importe quel mot, n’importe quelle phrase, quand bien même la situation ne s’y prête pas, au risque de provoquer le rire ou la honte. Sans parler de la langue qui « fourche » et profite d’une proximité phonétique pour faire scandale, le temps par exemple d’un célèbre lapsus qui transforma l’inflation en fellation.
Les mots de la sexualité sont souvent eux-mêmes des mots sexuels, avec toute leur crudité et leur éventuelle brutalité. Baiser, par exemple, est à la fois la désignation d’un geste (le baiser) et un mot-acte, en lui-même porteur de la violence sexuelle.
Du plus pastel, « fleur bleue », au plus criard, « fist fucking », ces 100 mots sont ceux de la vie sexuelle. Cerner ce vocabulaire est moins l’occasion de définir ce que chacun connaît que d’interroger le sens (historique, sociologique, religieux, esthétique, psychanalytique…) des faits et gestes de notre sexualité.

Collection Que sais-je ?, PUF.
Parution : 6 février 2011


La psychanalyse de l’adolescent existe-t-elle ?

Les psychanalystes n’ont rien à envier aux moines du Moyen-Âge, leurs disputes théoriques d’aujourd’hui valent bien les disputes théologiques d’antan. Les anges ont-ils un sexe ? Dieu qui peut tout peut-il relever une vierge après la chute ? La psychanalyse de l’adolescent existe-t-elle ? Quelle étrange question, alors que la pratique en est bien connue, établie presque depuis les origines (Dora, la jeune patiente de Freud, n’a guère que 18 ans…).
L’idée de cet ouvrage est née de l’une de ces disputes entre quatre des contributeurs : Jacques André, Catherine Chabert, François Marty et François Richard. Ni les anges ni les vierges n’étaient ce jour-là de la partie mais la « subjectivation » et le « développement en deux temps » de l’humaine sexualité… Nous décidâmes de faire sinon Concile, mais au moins Colloque de nos divergences.
Dora s’est bien allongée sur le divan de Freud, mais trois mois plus tard elle avait déjà fui les lieux… Ce que « Psychanalyste » veut, l’adolescent ne le veut pas nécessairement… L’existence des psychothérapies psychanalytiques d’adolescents est un fait, le bien-fait qui peut en résulter n’est plus à démontrer, alors… Il faut croire que la question demeure, celle que l’adolescent pose à la psychanalyse, à sa pratique, à sa méthode, à son écoute. L’adolescent est le patient du psychanalyste, l’adolescence est l’analysante de la psychanalyse.

Auteurs : Jacques André, Catherine Chabert

Avec Gérard Bayle, Isée Bernateau, Alain Braconnier, Maurice Corcos, Michèle Emmanuelli, Philippe Givre, François Marty, Sesto-Marcello Passone, François Richard, René Roussillon.
Presses Universitaires de France.
Parution : 13 janvier 2010


Les désordres du temps

Quoi de plus familier que le sentiment de notre existence dans le temps, quoi de plus communément partagé que la division du temps en trois dimensions : passé, présent, futur… L’historien et l’anthropologue ont introduit des premières nuances au sein de ce consensus : d’une époque à l’autre, d’une culture à l’autre le temps change. Là il assure le retour du même, l’enfant réincarne l’ancêtre ; ici il voue l’homme à l’innovation permanente et à l’incertitude du lendemain. Pour les uns demain reproduit hier, pour les autres rien ne sera jamais plus comme avant.
L’expérience psychanalytique oblige à pousser au-delà l’interrogation. C’est une découverte particulièrement surprenante de s’apercevoir que toute existence n’est pas marquée de temporalité. Tout le monde n’a pas de passé, les souvenirs d’enfance se réduisent à quelques on-dit, quelques photos, rien qui prenne la forme d’une histoire.
L’avenir n’est pas davantage assuré, prévoir en plonge plus d’un dans le vide et l’angoisse. Plus étonnant peu être encore, le présent n’est pas donné à tout le monde, on vit sans être là, la vie passe, on passe à côté d’elle.

Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 13 janvier 2010


L’événement et la temporalité

L’après-coup dans la cure

L’après-coup est une notion sous tension. Elle condense deux dimensions qui ne demandent qu’à s’écarter l’une de l’autre : la violence traumatique de l’événement psychique, d’un côté ; la subtilité d’une réécriture, la complexité d’une signification remaniée, de l’autre. Choisir de traiter de « l’après-coup dans la cure » n’est pas une simple incidente, puisque la situation transférentielle, en ce qu’elle est interpsychique et analytique, offre la double potentialité du trauma in praesentia et de sa possible mise en sens.
Ce décalque entre la psychanalyse et l’après-coup pose d’abord une question simple : qu’en est-il de l’après-coup dans la cure, mais aussi une question complexe : si après-coup et psychanalyse ont entre eux un lien essentiel, comment l’une pourrait-elle se passer de l’autre, de son événement ?
L’après-coup est analysable, il se pourrait qu’il soit aussi un analysant de la situation analytique et de ses impasses. Et, en particulier, quel espoir de transformation après coup la psychanalyse peut-elle nourrir quand ce dont souffre le patient s’enracine dans des traumas précoces ?

In Revue française de psychanalyse, tome 73, n°5, L’après-coup, congrès de Paris.
Parution : décembre 2009


Désirs d’enfant

Désir d’un enfant, désir de l’enfant, de l’enfance, de l’infantile… ces mouvements du fantasme ne se confondent pas, même s’ils ne demandent qu’à condenser leurs effets. Ainsi se tracent les voies des sexualités primitive et œdipienne. Du triomphe de his majesty the baby à la mélancolie de l’enfant mort, en passant par tous ces enfants qu’engendrent les sexualités partielles, l’enfant du désir est aussi polymorphe que la sexualité infantile. La clinique de l’infertilité, comme l’expérience analytique du transfert, multiplient les figures de ces désirs d’enfant, entre renoncement et accomplissement.

Auteurs : Jacques André, Catherine Chabert

Jean-Francois Daubech, Amalia Giuffrida, Patrick Guyomard, Sylvie Karila, Isabelle Nicolas, Claire Squires.
Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 17 février 2009


Les 100 mots de la psychanalyse

Accablé par les ennuis qui n’en finissent pas de s’accumuler — qu’a-t-il fait pour mériter cela, c’est quand même « bien cher payé » —, l’homme qui va pour composer le code de l’immeuble où l’attend son psychanalyste se trompe de chiffre et tape celui de sa carte bancaire… D’« acte manqué » à « visage », ces 100 mots de la psychanalyse sont moins un mini-dictionnaire qu’une façon d’évoquer à la fois la théorie et la pratique psychanalytiques, les deux indissociablement mêlées.
Les notions-clés (ça, moi, surmoi, castration, complexe d’Œdipe, transfert…) côtoient les figures de la souffrance psychique (addiction, anorexie, dépression, paranoïa, phobies, suicide…) et quelques notions plus incidentes sur lesquelles la psychanalyse apporte un éclairage original (crise d’adolescence, honte, indifférence, mensonge, tendresse…).

Collection Que sais-je ?, PUF.
Parution : 1er juin 2009


Folies minuscules

suivi de Folies meurtrières

« Tu es un accident, tu n’étais pas désiré »… Si ces mots ne sont pas des mots de tous les jours, ils ne débordent pourtant pas les limites d’une folie ordinaire. Comme celle de confier à un ami de la famille, en présence du quatrième enfant : « Je me serais bien arrêté à trois. »
Folies minuscules… L’idée n’est pas éloignée de celle qui fait écrire à Freud une Psychopathologie de la vie quotidienne, soit la rencontre en un même lieu de l’ordinaire et du désordre, quelque chose comme « l’inconscient de tous les jours ».
Mots de haine ou mots d’amour, les folies minuscules font flèche de tout bois : « Tu es celui que j’ai le plus désiré », « mon enfant est tout pour moi ».
Enceinte, accouchée, tout absorbée par le souci du nourrisson, chair et psyché mélangées, peut-on être mère sans être folle ? Sur cette donnée de la vie commune, Winnicott ira jusqu’à fonder une théorie psychanalytique. Au rayon des folies minuscules, les folies maternelles ne sont pas seules, elles n’ont pour privilège que d’être (généralement) les premières.
Des folies minuscules aux folies meurtrières, il y a plus qu’un pas, quand la folie devient évidente, parfois délirante, quand il n’est d’autre issue que de faire disparaître l’être proche, trop aimé, trop haï. C’était en Guadeloupe, il y a une vingtaine d’année.

Collection Connaissance de l’inconscient, série Tracés, Gallimard.
192 pages. ISBN 978 2 07 073267 8. Parution : 17-01-2008.


Les brumes de la dépression

« Quand il est d’humeur dépressive, l’enfant, ou l’adulte, jette une couverture sur la totalité de sa situation interne, ou laisse tomber sur elle, comme pour la contrôler, un brouillard, une brume, une sorte de paralysie où le tri du bon et du mauvais devient impossible. » Winnicott

Auteurs : Jacques André, Catherine Chabert, Catherine Cyssau

Avec Alain Abelhauser, Panos Aloupis, Vincent Estellon, Roland Gori, Alexandrine Schniewind, Olivier Thomas, Benoît Verdon, Marie-José Del Volgo.
Presses Universitaires de France.
Parution : 28 septembre 2007


Passé présent

Dialoguer avec J.-B. Pontalis

« Il y a dans l’absence, même si nous parvenons à en faire une nouvelle forme de présence, quelque chose de la perte qui demeure. Il y a de l’inconsolable, de l’irrémédiable, de l’ineffaçable. Ce qui n’interdit pas l’espoir. Ce n’est pas nécessairement d’un objet perdu à retrouver ou à trouver qu’il est question. Si c’était du temps ? Notre histoire, notre temps est discontinu et nous aimerions en assurer la continuité qui serait aussi celle de notre identité. Nous aspirons à ce temps qui ne passe pas, à ce Zeitlos, cet a-temporel qui est celui de l’Inconscient et que l’analyse nous fait approcher : un passé présent. »

Six auteurs en quête de J.-B. Pontalis, le temps d’un dialogue.

Auteurs : J.-B. Pontalis, Jacques André, Jean-Philippe Dubois

Avec Françoise Coblence, Jeffrey Mehlman, Patrick Miller, Hélène Parat.
Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 2 avril 2007


Humain/déshumain

La clinique des cas réputés difficiles (personnalités limites, pathologies narcissiques, enclaves autistiques dans les névroses, dépressions…) sollicite l’expérience d’une « déshumanité ».
Cela se joue au niveau des aspects relationnels mais surtout dans la perte du visage, de la voix, dans l’effacement de la parole, dans la perception de l’autre semblable. Parfois il reste seulement la voix et quelques mots, peut-être un seul, comme une souvenance de l’impression humaine.

Pierre Fédida, séminaire 2001-2002, Humain/déshumain.

Auteurs : Pierre Fédida, Jacques André, Michel Gribinski, Daniel Widlöcher

Avec Corinne Ehrenberg, Vincent Estellon, Dominique Scarfone, Monique Schneider, Mareike, Wolf-Fédida.
Collection Petite Bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 18 janvier 2007


Aux origines féminines de la sexualité

« Les hommes de tous temps se sont creusés la tête sur l’énigme de la féminité… » La question de l’angoisse, la perte d’amour où elle prend sa source, impose de penser ensemble la féminité et l’infantile le plus précoce, le plus primitif, renouvelant par là même les termes de l’énigme. Qu’est-ce qui du sexuel féminin lui donne ce « privilège » — payé du refus, du refoulement, payé de l’inconscient — de côtoyer les origines du sexuel ? »
Quelles sont les sources de la féminité, comment concevoir la psychogénèse de la féminité de l’enfant (et pas seulement celle de la fille), quelles représentations constituent le fantasme féminin ? À ces questions l’auteur propose quelques réponses conduisant à une théorie de la féminité en contradiction avec la thèse freudienne.

Collection Quadrige, PUF.
176 pages. ISBN 978 2 13 054417 3. Parution : 20-08-2004


L’imprévu en séance

« L’image arrive souvent sous cette forme : l’analyse touchera à sa fin quand… Ce qui suit a tout d’un inventaire à la Perec : quand elle aimera danser, quand il saura nager sous l’eau, quand il présentera un concours de soliste, quand elle rencontrera un homme autre que “perdu sans collier”, quand il pourra penser à rien, quand elle découvrira que j’existe, quand il arrêtera d’avoir faim, quand elle cessera de confondre “faire une analyse” et “faire une scène”, quand il (ou elle) prendra une maîtresse, quand elle aura le temps… Au fil d’une même analyse, les images changent. Leur valeur prédictive, elle, vaut ce que vaut le bulletin météo. Pour Anaïs l’image était : quand nous pourrons parler tranquillement de la pluie et du beau temps. »

Collection Connaissance de l’inconscient, série Tracés, Gallimard.
192 pages. ISBN 2 07 074218 0. Parution : janvier 2004


L’oubli du père

Pater incertus, mater certissima… Le père est aussi incertain que la mère est certissime. Les conséquences de cette dissymétrie sont multiples. Parce qu’il peut ne pas y avoir de père, son éventuel amour prend la forme d’une élection, voire d’un luxe. Quand il n’est pas inconnu, le père est au moins improbable. De là à le négliger, l’éclipser, l’effacer… L’oubli du père revêt les formes les plus diverses, depuis l’accident que l’on voudrait insignifiant jusqu’à l’inéluctable destin.

Auteurs : Catherine Chabert, Jacques André

Avec Janine Altounian, Catherine Cyssau, Anny Dayan Rosenman, Martine Lamour, François Villa, Régine Waintrater
Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 8 avril 2004


La sexualité féminine

« Si la jouissance se divise en dix parties, la femme en a neuf et l’homme une seule. » Ainsi s’exprime Tirésias que les aventures mythologiques ont successivement conduit à être homme et femme. La négation, le refoulement dont la sexualité féminine a été l’objet à travers les âges et les cultures sont inséparables des représentations dangereuses et démesurées qui l’accompagne. « Femme tu es la porte du diable » écrit Tertullien.
Ce qu’il est convenu d’appeler la « libération sexuelle » a principalement concerné les femmes. À ce bouleversement des représentations sociales de la sexualité correspond-il une transformation psychique équivalente ?

Collection Que sais-je ?, PUF.
128 pages. ISBN 978 2 13 053231 6. Parution : 10-10-2003


Transfert et états limites

En 1985 paraît à Londres un article de Margaret Little, psychanalyste connue pour ses travaux sur les états-limites, faisant le récit de ses trois analyses dont la dernière avec Winnicott. Celui-ci n’a guère laissé de traces sur sa pratique avec les adultes, ceux-ci étant le plus souvent eux-mêmes des analystes. C’est pourquoi M. Little évoque les années passées sur le divan de celui qui fut son analyste, son maître à penser et à pratiquer. Son témoignage (traduit et reproduit dans ce livre) et aussi provoquant que passionnant, la question des limites y est omniprésente : celles du patient, de l’analyste et de l’analyse. L’ensemble de la théorie, de la pratique et des méthodes de l’analyse est “bousculé” par ce témoignage hors du commun.

Auteurs : Caroline Thompson, Jacques André

Avec Corinne Ehrenberg, Pierre Fedida, Michael Parsons, René Roussillon et Margaret I. Little.
Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 1er mai 2002.


La vie sensorielle

La clinique à l’épreuve des sens

Si l’on demande à l’enfant névrotique avec quoi il voit, il répond : « Avec les yeux. » L’enfant psychotique dit : « Avec le soleil, avec la lumière. » Avec quoi entends-tu ? « Avec les oreilles », répond le premier. « Avec la musique », dit le second.

L’expérience sensible n’est pas une expérience commune. La perception contient l’illusion de sa propre unité, celle d’une « réalité » par tout un chacun partagée, alors qu’elle ne pourrait bien n’être elle-même qu’un résultat auquel la psyché joue plus d’un tour.

Auteurs : Jacques André, Marianne Baudin, Bernard Golse

Avec Houriya Abdelouahed, Solange Carton, Hélène Parat, Claire Squirès, Caroline Thompson, .
Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 30 avril 2002


L’énigme du masochisme

« Voici de nouveau le maudit problème du masochisme ! ». Ce cri du coeur échappe à Ferenczi en 1931, quand la psychanalyse, arrivée à maturité, a pris la mesure de l’adversaire. Le masochisme bouscule les certitudes. Il pousse la théorie psychanalytique à parler en même temps de plaisir et déplaisir, il menace la pratique dans la mesure où la souffrance psychique devient le but secrètement recherché de la cure et non plus le moteur de son progrès.

Avec Maria Aisenstein, Maurice Dayan, Michel de M’Uzan, Philippe Jeammet, Marie-Claude Lambotte, Jean Laplanche.
Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 1er novembre 2000.


Les états limites

Borderline… ligne frontière de la psyché, ligne qui, plus ou moins fragilement, tente de tenir à l’écart les aménagements névrotiques de la vie des angoisses psychotiques menaçantes. Cas-limites, états-limites… les mots cherchent moins à cerner une personnalité originale qu’à dire l’incertitude de la limite : limite qui sépare les catégories psychopathologiques, limite qui distingue les composantes de la personnalité psychique, limites qui balisent le territoire du traitement d’âme.

Avec Catherine Chabert, Jean-Luc Donnet , Pierre Fedida, André Green, Daniel Widlöcher.
Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 1er septembre 1999.


La féminité autrement

Le débat psychanalytique sur la féminité ne prolonge pas l’affirmation par Freud de ses thèses (dans les deux articles sur la sexualité féminine de 1931 et 1933), il les précède par les voix de Karl Abraham, Karen Horney, Melanie Klein. Autant dire qu’il a toujours commencé et qu’il n’est pas prêt de s’achever.

Est-ce un paradoxe, l’énigme du féminin pour être irrésoluble n’en est pas moins féconde. Fécondité de l’inconnu et de son appel à suivre des pistes qui vont de l’allaitement à l’infanticide, de la douceur des étoffes à l’horreur du cloaque, en passant par les arcanes de la théorie elle-même.

Collection Petite bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 1er mars 1999


La révolution fratricide

Essai de psychanalyse du lien social

À quelles sources pulsionnelles les hommes puisent-ils ce qui les rassemble et ce qui les divise ? Il ne suffit pas de répondre avec Freud : l’amour. Non seulement parce qu’il faut y ajouter la haine, mais surtout parce qu’il reste à se demander : amour/haine entre qui et qui ? La question de l’homosexualité et de l’exclusion des femmes de la res publica est un fil d’Ariane qui court tout au long de ce livre.
Moment fort d’une élaboration de la pensée politique, la Révolution française est indissociablement la mise au jour de sentiments et de comportements archaïques, tant sur le registre unificateur de l’amour – Saint-Just fait de l’inceste une perspective révolutionnaire – que sur le versant destructeur de la haine. Jusqu’à la Terreur, jusqu’à l’autodestruction du corps politique, quand le lien social devient lui-même le vecteur de la déliaison.

Collection Bibliothèque de psychanalyse, PUF.
256 pages. ISBN 978 2 13 045169 3. Parution : 01-10-1993


L’inceste focal dans la famille noire antillaise

Collection Voix nouvelles en psychanalyse, PUF.
396 pages. ISBN 978 2 13 040101 8. Parution : 01-05-1987


Caraïbales

Études sur la littérature antillaise

Collection Arc et littérature, Éditions Caribéennes.
Parution : 1er avril 1981.
Réédition : 3 mai 2000


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