Didier Anzieu


Le travail de l’inconscient

Textes choisis, présentés et annotés par René Kaës

Didier Anzieu a soutenu dans toute son œuvre qu’« un travail de type psychanalytique a à se faire là où surgit l’inconscient : debout, assis ou allongé ; individuellement, en groupe ou dans une famille…, partout où un sujet peut laisser parler ses angoisses et ses fantasmes à quelqu’un supposé les entendre et apte à lui en rendre compte ». Partout où l’inconscient se manifeste dans son travail et dans ses œuvres.Cet ouvrage rassemble des articles déjà publiés dans des revues – certains sont aujourd’hui introuvables –, des chapitres d’ouvrages collectifs épuisés, des études inédites. La plupart de ces textes ont accompagné, pour les annoncer, les développer ou les commenter dans une reprise en après-coup, les livres personnels ou collectifs que Didier Anzieu a publiés de son vivant.J’ai voulu faire de cette édition un outil de travail en regroupant ces textes en cinq grands Livres, et à l’intérieur de ceux-ci en parties qui abritent les études présentées par ordre chronologique. Chaque Livre et chaque chapitre font l’objet d’une présentation et d’annotations destinées à mettre à la disposition du lecteur des documents sur le contexte des travaux de Didier Anzieu et sur les cheminements de sa recherche, l’architecture de l’ensemble indiquant autant de champs d’investigation ouverts aux nouvelles générations.
René Kaës

Collection Psychismes, Dunod.
Parution : 2009


Psychanalyse des limites

Textes réunis et présentés par Catherine Chabert

En inventant il y a plus de trente ans la métaphore du Moi-peau, Didier Anzieu a contribué à instaurer la question des limites au centre de la psychanalyse. Il l’a instaurée à partir d’un « sang-mêlé » nouveau, avec l’idée d’une entité mixte, psychique-corporelle, dont la clinique et les pathologies des limites, internes et externes, vérifient la puissance. Il l’a inventée dans le mouvement d’une pensée des frontières, qui, pour être créatrice, doit être paradoxalement contenue et transgressive.
Il l’a mise à l’épreuve dans des dispositifs exploratoires aux limites des pratiques classiques de la psychanalyse. Il y est parvenu parce qu’il était suffisamment assuré de la rigueur de sa méthode et de sa connaissance de la métapsychologie freudienne et suffisamment confiant dans ses enveloppes psychiques pour pouvoir en reconnaître la fragilité et la fécondité.
René Kaës

Auteurs : Didier Anzieu, Catherine Chabert

Collection Psychismes, Dunod.
Parution : 2007


Le psychodrame analytique

Chez l’enfant et l’adolescent

Inventé par J. L. Moreno, le psychodrame a connu en un peu plus d’un demi-siècle, des développements considérables dans les domaines de la psychothérapie, de la psychologie sociale, de la création et de la critiques dramatiques. Cet ouvrage en propose une synthèse théorique et pratique : la découverte, les notions de prise de rôle, de catharsis, l’évaluation qui peut en être faite du point de vue psychanalytique, puis dans une deuxième partie, des exemples cliniques aident à comprendre la technique et enfin une dernière partie traite de la formation des psychologues cliniciens et des psychodramatistes d’enfants et d’adolescents.

Collection Bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 25-02-2004
1ère édition : 1956


Psychothérapies de l’enfant et de l’adolescent

« Soigner l’enfant, c’est-à-dire lui permettre de remédier à sa souffrance psychique et de retrouver sa croissance mentale un moment perdue ou depuis longtemps détériorée, telle est la principale préoccupation des psychanalystes d’enfant. Le souci thérapeutique ne les a jamais abandonnés. »
Si le besoin se fait de plus en plus sentir de prendre en charge la détresse des plus jeunes, le désarroi des parents est réel devant les offres thérapeutiques. Ce livre tend à éclairer les professionnels et les parents sur les psychothérapies psychanalytiques de l’enfant et de l’adolescent.
Comment un enfant naît-il à la vie psychique ? Quel est le travail du psychanalyste avec l’enfant au cours des séances ? Quel est aussi son travail avec les parents, puisqu’une des particularités du travail psychanalytique tient à l’importance donnée aux parents pendant tout le déroulement de la cure ?
Quelles sont les différentes formes de psychothérapies psychanalytiques ? Quelles sont les indications et les pathologies qui conduisent à consulter ? Enfin quels seront demain les psychanalystes en charge de nos enfants ?
Les plus grands psychanalystes répondent ici à ces questions, avec la diversité de leur pensée mais dans un seul but accompagner au mieux l’enfant et sa famille.

Auteurs : Didier Anzieu, Claudine Geissmann, Bernard Golse, Didier Houzel

Avec des textes de René Diatkine, Peter Fonagy, Anna Freud, Philippe Jeammet, Mélanie Klein, Donald Meltzer, Hanna Segal, Serge Lebovici, Daniel Stern, Donald W. Winnicott.
Bayard, 23 octobre 2003


La pulsion pour quoi faire ?

L’Annuel de l’APF, Colloque du 12 mai 1984.

Auteurs : Didier Anzieu, Roger Dorey, Jean Laplanche, Daniel Widlöcher

Association psychanalytique de France, 2002.


Psychanalyser

Ce volume réunit une sélection de textes de Didier Anzieu sur son rapport à la psychanalyse. Son titre est un verbe : Psychanalyser, une action qui appelle une pensée, un travail de pensée pour soutenir, réfléchir et communiquer une pratique. Ce verbe exige au moins deux sujets, liés et solitaires dans l’expérience intime et singulière de l’Inconscient. Ce verbe suppose un objet qui, aujourd’hui, semble connu de tous. Mais Didier Anzieu a déplacé sans cesse les territoires de la pratique psychanalytique, en raison même de sa fidélité à la démarche de Freud et sous l’effet des exigences de la clinique et des remaniements de la théorie.

Quatre parties composent ce volume. La première rassemble deux études fondamentales sur l’ancrage de la psychanalyse dans la mythologie. La seconde partie rassemble sous le titre « Rêve, auto-analyse et sexualité » des articles publiés entre 1973 et 1993. Les trois termes qui le composent indiquent sur quels fondements s’est organisé le travail de Didier Anzieu, scrutant la découverte freudienne de l’Inconscient dans tous les chantiers de sa mise en œuvre. Ce que Didier Anzieu a trouvé dans « la compagnie des analystes » forme la matière de la troisième section, avec des textes consacrés à Jacques Lacan, Daniel Lagache, W.R. Bion etc. La quatrième section de ce livre, rassemble deux textes importants centrés sur le « devenir psychanalyste ».

Collection Inconscient et culture, Dunod.
Parution : novembre 2000


Les enveloppes psychiques

Dans le prolongement de ses recherches sur le Moi-Peau, D. Anzieu a élaboré le concept d’enveloppes psychiques, qui intègre et complète des apports psychanalytiques antérieurs. Le présent ouvrage jalonne les développements les plus récents de ce concept. D. Houzel en retrace l’origine chez Freud et en précise les fonctions et variétés. D. Anzieu propose de réunir les représentations de configurations spatiales sous le terme de  » signifiants formels  » dont les altérations caractérisent les états-limites et dont la structure est différente de celle du fantasme. A. Missenard étudie le rêve comme enveloppe permettant l’échange entre le Moi et l’autre, voire les autres (la famille, le groupe). M. Enriquez examine les failles de l’enveloppe de mémoire et ses modifications pendant la cure analytique. La contribution d’E. Lecourt porte sur l’enveloppe sonore. A. Anzieu dégage les particularités paradoxales de l’enveloppe hystérique. J. Guillaumin procède à une description originale des enveloppes du psychanalyste. T. Nathan rapporte quelques rêves de Moi-peau faits par des analysants. J. Doron enfin s’intéresse à l’enveloppe psychique du créateur.

Cet ouvrage développe les recherches théoriques, cliniques et thérapeutiques suscitées par les thèses du Moi- Peau (1985). Il s’agit du dernier travail de révision mené par D. Anzieu, qui a supervisé l’ensemble de cette 2e édition. Tous les textes ont été revus et complétés par les auteurs. Les bibliographies ont été rénovées. Une importante introduction rédigée par J. Doron replace cet ouvrage, devenu classique, dans l’histoire des idées en psychoclinique et en psychanalyse.

Auteurs : Didier Anzieu, Roland Doron, Didier Houzel, Annie Anzieu

Avec A. Missenard, M. Enriquez, J. Guillaumin, É. Lecourt, T. Nathan.
Collection Inconscient et culture, Dunod.
Parution : 2000, réédition en 2013.


Beckett et le psychanalyste

Samuel Beckett, auteur irlandais jusque-là peu connu, est devenu un des plus grands écrivains français dans l’après-coup d’une cure psychanalytique à Londres avec Wilfred R. Bion, qui allait lui-même devenir un des théoriciens les plus originaux de la psychanalyse. Didier Anzieu, psychanalyste qui s’est intéressé au processus créateur, a reconstitué le déroulement de cette cure, son impasse, sa reprise à la fois thérapeutique et littérairement féconde, sous la forme d’une auto-analyse. Il montre que le célèbre soliloque du narrateur beckettien est composé d’associations libres adressées à un psychanalyste fictif. Auto-analyse effectuée par écrit, comme celle de Freud pour ses rêves. Mais l’auto-analyse de Freud explorait le champ de la névrose. Celle de Beckett met au jour des angoisses qui menacent les bases mêmes de la personnalité humaine : le lecteur reçoit ces textes comme le visiteur reçoit les toiles de Francis Bacon, cet autre Irlandais célèbre, comme un coup porté au creux de son âme. À l’instar de Beckett inventant le Nouveau Roman, Anzieu renouvelle l’approche psychanalytique des œuvres. Son ouvrage participe de l’essai, de l’observation clinique, du livre de bord, du pastiche, de la biographie, de l’hommage. Il se présente comme une défense et illustration tantôt de la lecture, tantôt de l’écriture. Ce n’est pas seulement un livre sur Beckett. Ce n’est pas non plus le livre que Beckett n’a pas pu faire sur lui-même. C’est le journal d’un psychanalyste qui compose un livre sur l’auteur qui le fascine depuis près de quarante ans.

Éditions Mentha/Archimbaud, 1994, “ Beckett ” dans les rééditions.
Rééditions : l’Aire/Archimbaud, 1996 (révision), Folio/Essais, Gallimard, 1999, Seuil/Archimbaud, 2004.


Francis Bacon ou le portrait de l’homme désespécé

Bacon passait pour être, parmi les peintres vivants, l’un des plus chers au monde. Y a-t-il là seulement un effet de commerce ou de mode ? Cette pauvreté foncière de l’être humain que ses toiles nous font toucher à même la peau n’a pas de prix. Le rachat d’une telle misère est à la limite impossible.
L’horreur dans la beauté, la magnificence dans la douleur : cette fascination ambiguë prend là sa source. L’être humain y est peint désespécé, en perdition de son appartenance à l’espèce humaine. Michèle Monjauze, familière de la psychothérapie des grands buveurs (La Problématique alcoolique, ln press), étudie à travers Bacon les paradoxes propres à l’alcoolique créateur. Didier Anzieu, psychanalyste, auteur du Corps de l’œuvre, du Moi-peau, de Beckett, voit dans la peinture de Bacon un renouveau de la pensée empiriste anglaise, dont il montre la parenté avec l’œuvre romanesque de Beckett et l’œuvre théorique du psychanalyste Bion.

Avec Michèle Monjauze.
Coédition l’Aire ( Suisse ), Archimbaud ( Paris ), 1996.
Réédition Seuil, Archimbaud, 2004.


Créer-Détruire

Le travail psychique du créateur

Bilan d’une vie intellectuelle et définition de son unité directrice autour de la notion de travail psychique créateur. Comme dans le Moi-Peau, Didier Anzieu a rassemblé et organisé des textes issus de revues ou d’ouvrages collectifs. Les 19 chapitres sont articulés en 3 sections : la double face négative et destructrice mais aussi positive et créatrice de tout travail créateur ; l’exemple de Beckett écrivain ; découverte et développement du Moi-Peau.

Collection Psychismes, Dunod.
280 pages. ISBN 978 2 10 003011 8. Parution : 09-05-1996.
Traduit en espagnol par Sofia Vidaurrazaga Zimmermann en 1996, Biblioteca nueva, Madrid et en italien en 1999 par Antonio Verdolin Creare, distruggere Rome, Borla.


Mon A.B.C.daire

Illustré par Jérôme Hébert

Grâce à cet abécédaire, le lecteur pourra connaître l’A.B.C. de la psychanalyse, des Associations d’idées au Zéro final. Attention à ne pas prendre au premier degré tous les énoncés et les dessins qui les accompagne. Un grand problème se pose : l’inconscient est-il analphabète ?

Coédition Les Belles lettres, Archimbaud
Parution : janvier 1995


Monsieur Couah ou la bifurcation

Dans cette comédie en dix scènes, Monsieur Couah pourrait être un personnage de Beckett ; un autre personnage, qui est peut-être le même ou son image dans un miroir déformant, va à sa rencontre à travers un grillage comme dans Watt. La rencontre est difficile. Elle s’amorce, se développe et, au moment de s’achever, la nécessité d’échouer s’impose aux deux partenaires. On ne sait pas qui fait quoi et le lecteur en est réduit à se tenir coi. Il ne reste plus aux deux personnages qu’à bifurquer et se séparer.

Les Belles lettres/Archimbaud.
Parution : février 1995


Le penser

Du Moi-peau au Moi-pensant

Dans Le Moi-peau ( Dunod, 1985 ), puis dans les ouvrages collectifs qui ont élargi le thème ( Les Enveloppes psychiques, 1987, Les Contenants de pensée, 1993 ), Didier Anzieu a montré comment les fonctions du moi se développent par étayage sur les fonctions de la peau. Le présent livre achève l’étude de la constitution du psychisme en considérant le passage du moi-peau au moi-pensant. La première partie condense en 45 propositions accompagnées de commentaires les acquis psychanalytiques sur l’activité du penser : concevoir, juger, raisonner, ordonner. La seconde présente huit logiques du penser dérivées du moi-peau et les illustre par des extraits de cures psychanalytiques : consistance, contenance, constance, signifiance, correspondance, individuation, énergisation, sexualisation. La compréhension des processus de connaissance chez l’analysant et chez le psychanalyste acquiert ainsi une précision et une efficacité accrue.

Collection Psychismes, Dunod, 1994.
Traduit en italien par Luciana Marinese Il pensare : dall’io-pelle all’io-pensante Rome, Borla 1996, à Stockolm en 2000 et à Sao Paulo en 2002


Les contenants de pensée

Psychanalystes et philosophes explorent dans cet ouvrage les dimensions d’une approche psychanalytique du Moi-pensant et proposent une réflexion originale sur l’interprétation des processus de pensée dans le cadre de la cure analytique. Didier Anzieu amorce quelques distinctions fondamentales entre le Penser, la Pensée et les pensées ; il étudie les fonctions contenantes respectives de la peau, du Moi, de la pensée ; il précise les investissements, les attaques, la perte des contenants de pensée. Geneviève Haag saisit à travers les dessins d’enfants l’origine des contenants de pensée dans la représentation précoce du soleil-visage-sein qui irradie. Serge Tisseron distingue les schèmes d’enveloppe et les schèmes de transformation ; il étudie leur interférence avec les fantasmes et leur reprise dans le travail psychothérapique. Myriam Boubli considère la bouche comme un espace-contenant qui permet l’émergence du langage parlé. Guy Lavallée enrichit la notion d’enveloppe psychique d’une théorie de l’enveloppe visuelle, avec sa double boucle contenante et subjectivante. Enfin Jean Lassègue “ psychanalyse ” la découverte effectuée par Turing du concept de machine universelle : Turing forge l’idée d’une “ peau de la machine ”, sexuée et procréatrice. A la pointe de la recherche et de la pratique en psychanalyse et en épistémologie, ce collectif s’inscrit dans la ligne des ouvrages anglo-saxons suscités par les notions de contenants psychiques ( W. Bion ) ou de peau psychique ( E. Bick, F. Tustin ). Il poursuit et développe les travaux français menés par D. Anzieu sur le Moi corporel ( Le Moi-peau, Dunod, 1985 ; Les Enveloppes psychiques, Dunod, 1987 ).

Avec G.Haag, S.Tisseron, G.Lavallée, M. Boubli, J. Lassègue.
Collection Inconscient et culture, Dunod.
Parution : 30 septembre 1993


Dictionnaire de psychologie

D’« adolescence » à « utopie », d’« autisme » à « mémoire », de « dépendance » à « tolérance », de « béhaviorisme » à « Rorschach ( test de ) » en passant par « catatonie », « éthologie », « normalité », « paranoïa », « Zeigarnik ( effet ) »…
Loin des particularismes d’écoles, ce dictionnaire couvre l’ensemble de la psychologie et s’ouvre aux disciplines voisines, en donnant une définition concise de chaque concept et idée essentiels. Outre sa fonction d’apprentissage, son ambition est de susciter chez les enseignants et cliniciens d’aujourd’hui une réflexion critique sur les mots qu’ils emploient et les concepts qu’ils recouvrent.
Plébiscité par les étudiants et les professionnels, ce dictionnaire s’adresse à tous ceux qui cherchent à découvrir ou préciser les notions essentielles de la psychologie.

Auteurs : Roland Doron, Didier Anzieu, Daniel Widlöcher

Avec Françoise Parot, Jean-Paul Bronckart, Michel Le Moal, Claude Lévy-Leboyer, Gabriel Moser, Marc Richelle.
Collection Dico Poche, PUF.
Parution : 1991, réédition : Quadrige, 2007


L’épiderme nomade et la peau psychique

L’ouvrage se clôt sur un conte qui illustre les métamorphoses imaginaires de la peau.
Le premier, L’épiderme nomade, dû à D. Anzieu, donne son titre au recueil. Le dernier est de P. Merot.
La deuxième partie,  La peau psychique, réunit des textes de Didier Anzieu, la plupart inédits, sur les origines, les modèles et la dérivation du concept d’enveloppes psychiques, sur la psychopathologie de ces enveloppes, sur leur rôle dans l’acquisition de l’autonomie, dans les divers types de rêves et dans ce que l’auteur propose d’appeler « l’attachement au négatif ». Des séquences extraites de cures psychanalytiques illustrent la technique de travail propre à ce matériel.
La troisième partie, Autour du Moi-Peau, regroupe des apports nouveaux et des questionnements critiques de A. Ciccone, C. Guérin et T. Nathan sur les notions de Moi-Peau et de signifiants formels.

Le Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale, 1990.


Une peau pour les pensées

Entretiens avec Gilbert Tarrab

A l’occasion de conférences données à Montréal par Didier Anzieu, Gilbert Tarrab, professeur au Département des Sciences administratives de l’Université du Québec à Montréal, a enregistré avec lui dix entretiens, dont la transcription a été ensuite soigneusement revue par les deux interlocuteurs. Professeur émérite à l’Université Paris-X Nanterre et membre de l’Association psychanalytique de France, praticien et théoricien de la psychanalyse individuelle et groupale, Didier Anzieu parle librement des origines et des remaniements de sa vocation, des étapes de sa formation, de l’évolution de ses recherches. Il explique les principales notions qu’il a découvertes : l’illusion groupale, le travail psychique créateur, le Moi-Peau.
En réponse aux questions précises et sans concession de Gilbert Tarrab, Didier Anzieu évoque avec spontanéité l’atmosphère particulière de son enfance, une première psychanalyse insatisfaisante avec Lacan, les événements de Mai 1968 à Nanterre, ses rêves littéraires, sa passion pour le psychodrame. Tour à tour leur dialogue questionne le corps, le groupe, l’institution. Une réflexion critique est ébauchée d’un point de vue psychologique sur les leurres de la lutte pour le pouvoir et des idéologies, sur les formes et les forces de l’inconscient social, sur le déclin de l’Université, sur la signification écologique de la situation psychanalytique.
La lecture de ces entretiens donne envie d’imaginer un dictionnaire de psychanalyse dont le premier vocable serait l’amour et le dernier mot la vérité.

Collection Psychopée, Clancier-Guenaud.
Parution : 1986, réédition : Apsygée, 1988.


Le Moi-peau

La peau est l’enveloppe du corps, tout comme le moi tend à envelopper l’appareil psychique. Les structures et les fonctions de la peau peuvent donc fournir aux psychanalystes et aux psychologues des analogies fécondes pour les guider dans leur réflexion et leur technique.

Collection Psychismes, Dunod.
Parution : 1985, 2ème édition : 29-09-1995.
Traduit en Allemand en 1996, en Grec en 2003 et à Tel aviv en 2004.


Le corps de l’œuvre

Essais psychanalytiques sur le travail créateur

Les nombreuses contributions de la psychanalyse à l’esthétique se sont surtout attachées à l’interprétation du contenu fantasmatique des oeuvres ou à la psychopathologie des auteurs. Si féconds qu’aient été en leur temps ces travaux, ils laissaient sans réponse les questions que pose toute oeuvre d’art : l’effet de captation qu’elle produit, les affects et les identifications qu’elle suscite, le dévoilement du réel qu’elle opère.
Pour saisir de tels effets, on doit interroger moins le produit fini que l’expérience et le processus d’où résulte ce produit. Tout comme le rêve suppose un « travail », non visible, tout comme l’épreuve de la perte engage un douloureux « travail de deuil », l’oeuvre d’art et de pensée est tout entière traversée par un travail créateur. Bien plus, son originalité et son pouvoir sur nous tiennent à ce qu’elle figure ce travail dans sa forme et dans son style. Le corps de l’oeuvre – et non le seul texte – est l’oeuvre elle-même.
Trois parties dans cet ouvrage. D’abord, une clinique et une théorie du travail créateur, où le cas de Freud est pris pour paradigme.
Ensuite une analyse, menée à partir du Cimetière marin, « poème de la création du poème », qui permet à l’auteur d’y différencier cinq phases : l’état de saisissement, l’appréhension d’un représentant psychique inconscient, sa transformation en code organisateur, la donation d’un corps à ce code, l’affrontement imaginaire puis réel à un publie. Enfin, venant préciser et affiner le modèle théorique, quelques monographies : sur une nouvelle d’Henry James et le dédoublement, sur les contes et codes de Borges, sur la détresse et les toiles de Francis Bacon, sur les romans de Robbe-Grillet et les techniques de la pensée obsessionnelle. Autant de lectures psychanalytiques qui nous font effectuer un aller et retour entre l’opacité de la création et la complexité de l’intelligible.
Une « poétique » psychanalytique serait donc possible ?

Traduit à Bucarest en 2004.
Collection Connaissance de l’inconscient, Gallimard.
Parution : 15-09-1981


Crise, rupture et dépassement

Les situations de crise – individuelles ou groupales – peuvent émaner du quotidien ou de l’exceptionnel. A partir de ces situations, l’analyse transitionnelle est montrée comme une perspective permettant la compréhension de la crise et de sa continuité.

Avec René Kaës, André Missenard, Raymond Kaspi, Jean Guillaumin, José Bleger, E. Jacques.
Collection Inconscient et culture, Dunod, 2013.
1ère édition : 1979


La Sublimation

Les sentiers de la création

Les termes “ complexe ”, “ Oedipe ”, “ névrose ”, “ libido ”, “ transfert ”, sont passés dans le langage quotidien. La psychanalyse fait désormais partie de notre patrimoine culturel commun et chacun doit pouvoir l’approcher sans qu’elle ait subi ni “ digestion ”, préalable ni falsification.
C’est ce que propose ce livre qui fait partie d’une collection de treize volumes, dirigée par Bela Grunberger et Janine Chasseguet-Smirgel, qui traite de toutes les notions psychanalytiques, et présente les textes de base qu’il faut avoir lus pour comprendre la psychanalyse.
Comment devient-on peintre ? Quelle est l’origine du besoin de créer ? Quel est le processus par lequel la pensée, l’acte deviennent créateurs ?
Véritable métamorphose de la pulsion sexuelle, la sublimation est une tentative pour parfaire l’acte, le distinguer absolument des actes courants, le rendre sublime. À travers ce processus, Freud, le premier, étend le champ de la psychanalyse à l’œuvre d’art et à la création littéraire. Dans les contes d’Edgar Poe ou les tableaux de Segantini, Marie Bonaparte et Karl Abraham décèlent les traces de l’expérience infantile. Mélanie Klein relie la créativité aux angoisses précoces, tandis que Donald Winnicott situe celle-ci à mi-chemin de la réalité interne et de la réalité extérieure.
Mais la psychanalyse a-t-elle pour autant résolu l’énigme de l’art ? La diversité des approches psychanalytiques, même les plus modernes, semblerait indiquer que si la créativité a été reconnue et abordée, nous n’avons fait que quelques pas sur un continent partiellement exploré.

Collection Les grandes découvertes de la psychanalyse, Tchou.
Parution : 1979


Psychanalyse et langage

Du corps à la parole

Le domaine de la psychanalyse est celui de la parole – et du silence : il s’agit de redonner vie à ce qui est mort dans le psychisme, de rendre le pouvoir de communiquer à ce qui n’a pas trouvé sens, d’inventer les mots pour le dire… La pensée verbale est l’instrument de ce travail. Mais une théorie psychanalytique satisfaisante du langage et de la parole existe d’autant moins que la part psychotique inhérente à toute personne a précisément pour propre d’attaquer les liens que cette pensée verbale cherche à établir : le texte célèbre de Bion sur cette question, qui est ici traduit pour la première fois, en porte témoignage.

Les auteurs de cet ouvrage fournissent des éléments d’une théorie, construite à partir de leur pratique, clinique et réflexive, de la parole : cri du bébé, mutisme psychogène, bégaiement, passage à l’acte, parole-machine, langage mathématique, écriture narrative. Leur perspective commune est de situer la parole dans l’aire intermédiaire entre le corps, dont elle procède par métaphore, et le code qui en définit les modalités sociales et culturelles.

Avec A. Anzieu, B. Gibello, R. Gori, B.Barrau, M. Mathieu, W.R. Bion.
Collection Inconscient et culture, Dunod.
Parution : 15 mai 2003.
1ère édition : 1977.


Chronique d’un groupe

Le groupe du Paradis perdu : observation et commentaires

Dans cet ouvrage, la relation précise des échanges qui s’instaurent entre les membres d’un groupe de formation est accompagnée des commentaires psychanalytiques de l’équipe interprétante composée du moniteur et de l’observateur. Ils y exposent, en situation, certaines de leurs thèses et ils risquent, dans ce travail clinique, la mise à l’épreuve des hypothèses théoriques et techniques qu’ils ont développées dans différents ouvrages.
Cette chronique d’un groupe propose au lecteur un document de travail qui lui permet de réviser et d’approfondir son expérience des groupes et de la formation. Il y trouvera les notions d’illusion groupale, de position idéologico-mythique, d’organisateur psychique du groupe, d’analyse intertransférentielle et d’appareil psychique groupal. Note de l’éditeur.

Avec René Kaës.
Collection Inconscient et culture, Dunod.
Parution : 1976


Désir de former et formation du savoir

L’ouvrage Fantasme et Formation partait du postulat que les cultures et les sociétés actualisent, selon des déterminants qui leur sont propres, certaines des fantasmatiques fondamentales qui organisent la relation de formation. Dans cet ouvrage, l’investigation porte plus précisément sur la manière dont s’actualise ce désir dans des formes limitées de pratiques formatives : celle des groupes de formation caractérisés par la mise en oeuvre d’un dispositif psychanalytique ; celle des groupes de formateurs liés entre eux, pour leur plaisir et pour le travail qui par eux s’effectue. Ce plaisir et ce travail peuvent être reconnus dans la réponse spécifique de l’analyste à la situation psychanalytique : soit son contre-transfert, et pour autant que le groupe actualise des émois et des représentations que les objets du groupe figurent – et qui répondent dans le réel – ses adhérences inter-transférentielles. Corrélativement, le plaisir et le travail de ceux qui sous la demande de formation, désirent aussi autre chose qu’être conformés, sont à reconnaître dans ce qui pour eux se répète dans de tels groupes, du fait de leur histoire singulière, de ce que le dispositif groupale actualise, de l’aptitude de l’interprétant à se prêter au jeu de ce qui circule entre le désir et sa satisfaction.
Ouvrant ce recueil par une étude sur les rapports entre le désir de toute-puissance, la culpabilité et la fonction des épreuves dans la formation, René Kaës dégage dans le dernier chapitre, les conditions techniques requises par le travail psychanalytique lorsqu’il est effectué par plusieurs interprétants en groupe. L’analyse inter-transférentielle est la pratique de l’équipe interprétante : à la fois sa tâche et ce qui la spécifie comme telle.

Auteurs : Didier Anzieu, Angelo Bejarano

Avec René Kaës, Hector Scaglia.
Collection Inconscient et culture, Dunod.
Parution : 1er janvier 1976


Être psychanalyste

Qu’était-ce qu’être psychanalyste pour Freud, qui fut le premier à le devenir ? Qu’est-ce qu’être psychanalyste aujourd’hui ? Quel est l’avenir du psychanalyste face à l’évolution, dans notre civilisation, de la pathologie mentale et du fonctionnement même de l’appareil psychique ? Six psychanalystes, unis par leur appartenance à un même mouvement, l’Association psychanalytique de France, mais divers par leur style, leur culture, leur expérience, et certaines de leurs orientations théoriques apportent tantôt un témoignage et tantôt une méditation sur leur relation à l’inconscient, sur leurs conceptions de la cure, sur leur recherche toujours continuée de la psychanalyse. Aucun ne songe, comme on dit, à “ raconter sa vie ” mais chacun s’essaie à exprimer à sa façon quelque chose de psychanalytique sur le psychanalyste qu’il est.

Dix textes de Georges Favez sont rassemblés ici. Il y fait plus d’une fois figure de précurseur, par exemple lorsqu’il écrit sur la contestation, sur l’illusion et la désillusion, sur la résistance à la psychanalyse. Les contributions des autres auteurs approfondissent ou renouvellent les principales questions auxquelles est confronté le psychanalyste : redécouverte de la psychanalyse, solitude de son exercice, recherche du temps perdu, travail de la mort, ordonnancement de l’interprétable.

Auteurs : Georges Favez, Didier Anzieu, Annie Anzieu, Nicole Berry, J.-B. Pontalis, Victor Smirnoff

Collection Inconscient et culture, Dunod.
Parution : janvier 1976


Le groupe et l’inconscient

Didier Anzieu étudie la vie inconsciente dans les situations de groupe, et propose l’hypothèse de trois organisateurs psychiques fondamentaux : le fantasme individuel, l’imago, les fantasmes originaires. À l’occasion de cette 3ème édition, Didier Anzieu a révisé l’ensemble et complété l’ouvrage par un nouveau chapitre consacré au Moi Peau dans le couple. René Kaës a par ailleurs rédigé un copieux avant-propos qui replace le livre dans l’histoire du mouvement analytique et de la psychanalyse groupale.

Collection Psychisme, Dunod.
Parution : 1975, 3ème édition en 1999.
Traduit en espagnol en 1993, en japonais en 1999.


Contes à rebours

Peut-on, après Freud, rien du continent intérieur ou presque ne nous restant obscur, faire de son exploration oeuvre littéraire ? Peut-on, après Voltaire, Borgès et Lovecraft, écrire encore des contes ? Les textes qui suivent pousseront peut-être les lecteurs à se poser des questions, tout en les divisant, je l’espère, sur les réponses.
Un dernier mot : la psychanalyse devient de nos jours pédante, prêchante, artificieuse et triste.
Sans doute parce qu’elle demeure pour moi chose sérieuse à pratiquer, me fournit-elle, le reste du temps, d’infinies occasions de rire, ou de rêver.
Didier Anzieu

Christian Bourgois, 1975.
Nouvelles éditions revues et augmentées : Collection Psychopée, Clancier Guenaud, 1987, Apsygée, 1990, Les Belles lettres/Archimbaud, 1995.


L’auto-analyse de Freud et la découverte de la psychanalyse

Entre 1895 et 1901, Freud découvre la « psycho-analyse » par deux démarches : l’interprétation systématique de ses propres rêves ; une correspondance passionnelle et intellectuelle avec son ami W. Fliess. Ayant réussi à dater la plupart des rêves de Freud, Didier Anzieu reconstitue un journal de bord de la traversée de l’inconscient par Freud ayant abouti à l’élaboration des notions psychanalytiques premières : structure ternaire de l’appareil psychique, homologue du rêve nocturne et du système névrotique, importance des fantasmes sexuels de l’enfance, complexe d’ Œdipe et de castration. Le lecteur peut ainsi suivre les étapes et les modalités d’un processus psychique créateur.

Collection Bibliothèque de psychanalyse, PUF.
Parution : 1975.
Réédition : 09-11-1998, 3ème édition entièrement refondue en un seul volume.


Fantasme et formation

Quelle que soit la pratique sociale ou l’institution considérée, il n’y a pas de formation sans une fantasmatique sous-jacente. Et de fait, lorsque l’on tente de caractériser le désir de former des êtres humains, il y est question d’amour, de plaisir et de souffrance, mais aussi de haine, de violence et de culpabilité. Les travaux présentés ici ont en commun le souci de reconnaître à l’oeuvre – dans le projet et l’activité de former, de se former et d’être formé – la dimension du fantasme : le désir de formation s’inscrit dans les prototypes infantiles des relations, là où se jouent les questions et les réponses de l’origine ( celle du sujet et celle de l’espèce ). Mais ce désir s’inscrit aussi dans le corps social et dans la culture : institutions et mythes de la formation gèrent l’économie du désir, ils en assurent la légitimité ou l’illégitimité… La question qui affleure alors est de savoir qui est bénéficiaire de cette gérance ? Le sujet singulier ou le sujet social ? Et au prix de quels compromis ?

Avec René Kaës et Louis-Vincent Thomas.
Collection Inconscient et culture, Dunod, 2007.
1ère édition : 1973


Bisexualité et différences des sexes

Au commencement était le mythe, limpide comme les eaux dans lesquelles se baignaient Hermaphrodite et Cénis. Le premier, bel adolescent, fut violé par la nymphe Salmacis ; dans sa détresse, il obtint des dieux, dit Ovide, « que tout homme, après s’être baigné dans ces ondes, n’ait, quand il en sortira, que la moitié de son sexe » ; la deuxième, la plus belle des vierges de Thessalie, fut violée par Neptune, le dieu des eaux, qui exauça son vœu qu’après un tel outrage elle n’en subît plus aucun et lui accorda de n’être plus une femme, mais un guerrier que nulle flèche ne pourrait atteindre. L’insaisissable entre-deux, tel est ce qu’ont en partage ces deux métamorphoses : celle qui aboutit à la fusion mortifère des deux sexes et celle où le changement de sexe procure l’avènement d’un phallus immortel, à condition de ne jamais perpétuer que le même. À l’origine, un viol, une intolérable effraction pour un corps qui se voudrait sans faille et pourrait se combler lui-même. Tout corps étranger est alors menace, tout désir déjà corps étranger. À l’arrivée, deux fantasmes différents, voire opposés, dont le mythe de la bisexualité tente l’impossible conciliation : un fantasme, tout positif, visant à assurer la pleine possession d’un phallus – paternel et maternel – dont l’excellence ne saurait être qu’imparfaitement incarnée, signifiée, dans l’un et l’autre sexe ; un fantasme, négatif, visant à se garantir contre toute séparation-castration-mort, qui conduit à un effacement toujours plus accentué du sujet désirant. Glorieuse métamorphose ou mortelle « amorphose » ?

Auteurs : J.-B. Pontalis, Didier Anzieu, Pierre Fédida

Avec Jean-Marc Alby, Claude Aron, Luc Brisson, Christian David, Willem Fliess, André Green, Masud Khan, Roger Lewinter, D.W. Winnicott, Robert J. Stoller, Marie-Christine Pouchelle, Herman Nunberg, Joyce Mc Dougall, Léon Kreisler, Georg Groddeck, Jean Gillibert, Françoise Cachin, Felix Boehm.
Nouvelle revue de psychanalyse N°7, Gallimard.
Parution : 1973, réédition : Folio/Essais, Gallimard, 2000


Le travail psychanalytique dans les groupes T. II

2. Les voies de l’élaboration

En 1972, le Travail psychanalytique dans les groupes inaugurait la collection “ Inconscient et culture ”. Régulièrement mis à jour, cet ouvrage de référence a ouvert des perspectives nouvelles dans la pratique et la recherche psychanalytique. Aujourd’hui, sous le même titre général, deux volumes sont proposés au lecteur. Le premier, qui conserve le contenu de l’ouvrage de 1972, est organisé autour de la question du cadre et du processus groupal.

Ce second volume prolonge la réflexion et s’organise autour des questions suivantes : De la psyché, qu’est-ce qui est mobilisé ( et immobilisé ) dans les groupes, qu’est-ce qui se forme et se transforme, qu’est-ce qui travaille chez les membres d’un groupe et chez le(s) psychanalyste(s) ?
Comment s’articulent, à travers les formations du narcissisme, les relations entre le corps et le groupe ? Comment une faille dans le cadre produit des répétitions proprement groupales ? Comment entre les niveaux individuel, groupal et institutionnel, s’établissent des écarts, des collusions et des différenciations ? Comment l’analyse du contre-transfert en situation de groupe ouvre la voie d’une découverte ? Comment l’analyse de l’intertransfert spécifie le travail psychanalytique d’un couple ou d’une équipe d’analystes en situation de groupe ?…

Auteurs : Didier Anzieu, Angelo Bejarano

Avec René Kaës, André Missenard et Jean-Claude Ginoux.
Collection Inconscient et culture, Dunod.
Parution : 1982, réédition en 1992.


Le travail psychanalytique dans les groupes T. I

1. Cadre et processus

En 1972, ce livre inaugurait la collection “ Inconscient et culture ”. Régulièrement mis à jour, il a ouvert des perspectives nouvelles dans la pratique et la recherche psychanalytique. Ses auteurs, psychanalystes, tous membres du Cercle d’études françaises pour la formation et la recherche active en psychologie — CEFFRAP — exprimaient à la fois une rupture par rapport aux orientations psychosociologiques et une certaine affirmation, celle qu’un travail de type psychanalytique s’effectuait dans les groupes.

Aujourd’hui, sous le titre général le Travail psychanalytique dans les groupes, deux volumes sont proposés au lecteur. Le premier conserve ici le même contenu que l’ouvrage de 1972 : il s’intéresse au cadre et aux processus de ce travail ( construction, propriété et effets du dispositif de travail psychanalytique en situation de groupe ; modalités spécifiques du transfert ; régime des identifications ; travail du rêve ; constitution des objets et des moyens de l’interprétation ).

Le second, consacré aux Voies de l’élaboration, tente de répondre à cette question : de la psyché, qu’est-ce qui est mobilisé ( et immobilisé ), qu’est-ce qui se forme et se transforme, qu’est-ce qui travaille chez les membres d’un groupe et chez le psychanalyste ?

Auteurs : Didier Anzieu, Angelo Bejarano, J.-B. Pontalis

Avec René Kaës et André Missenard.
Collection Inconscient et culture, Dunod.
Parution : 1972, réédition en 1991.


Effets et formes de l’illusion

Auteurs : J.-B. Pontalis, Georges Favez, Didier Anzieu

Avec des textes de D.W. Winnicott, Masud Khan, Robert Stoller, André Green, Jean Starobinski, Jean Rousset, Pierre Charpentrat, Rémy Chauvin, Marc Soriano.
In la Nouvelle revue de psychanalyse, n°4, Gallimard, automne 1971.
Réédition en 2010


Éléments d’une théorie de l’interprétation

In XXXème Congrès des psychanalystes de langues romanes.
Revue française de psychanalyse, tome XXXIV.
PUF, 1970


Ces idées qui ont ébranlé la France ( Epistémon )

Nanterre, novembre 1967-juin 1968, comprendre les étudiants

Un professeur de Nanterre a été mêlé à tous les événements qui, partis de l’Université, ont mis en cause les assises politiques, économiques et morales de notre société. Il connait professeurs et étudiants, participe à leurs discussions et à leur action, éprouve leurs réactions. Il a étudié les grands auteurs ( Marx, Trotsky, Lénine, Mao ; Freud, Lewin, Rogers, Marcuse ; Sartre etc. ) que commentent les maîtres de Nanterre et qui donnent aux étudiants une conscience suraigüe de leur situation singulière dans la société. Ils ressentent celle-ci comme une force inhumaine, qui veut les parquer dans des campus, les gaver de connaissances appropriées à ses seuls besoins, les modeler à son usage et selon ses structures de société industrielle, indifférentes aux aspirations personnelles des hommes. Toute l’émotivité d’une jeunesse se double ainsi d’une armature intellectuelle des plus offensives. On se trouve en présence d’un phénomène psycho-sociologique des plus profonds, qui échappe aux analyses simplement fondées sur des rivalités politiques, nationales et internationales.

Ce livre précis, ardent, relie constamment les faits aux idées qui les ont inspirés ou qui les expliquent. Il montre comment de petits incidents se gonflent en manifestations insurrectionnelles, comment des individus mécontent se forment en groupes homogènes et dynamiques. Il met en pleine lumière l’étroite interaction des faits, des sentiments et des idées et l’unité d’une révolution universitaire, sexuelle, éthique et politique. Ce que l’on prenait pour de vagues spéculations de théoriciens se révèle plein de dynamite ; ce que l’on considérait comme des poussées anarchiques se découvre chargé d’un sens irréversible. Ce sont de telles alliances, d’abord occultes puis manifestes, qui font les révolutions. Quand les mouvements de la rue et les mouvements d’idées se rencontrent et s’épousent, ils provoquent un phénomène de résonance dont les vibrations amplifiées peuvent rompre les équilibres sociaux jusque dans leurs fondements. Ce petit livre étonnant dans son objectivité fait comprendre les événements de mai-juin jusque dans leurs origines profondes et prévoir leurs répercussions globales sur la société.

Fayard, 1969


La dynamique des groupes restreints

« Tout autant que pour l’inconscient individuel, le groupe est une surface projective pour l’inconscient social. Il est un miroir à deux faces, à la manière du Moi auquel Freud attribue une double surface, externe et interne, qui en fait une membrane sensible à la fois à la réalité matérielle et à la réalité psychique. »

Science expérimentale, créée et développée par Kurt Lewin aux Etats-Unis, entre 1939 et 1945, la dynamique des groupes s’est largement diversifiée, suscitant enthousiasme mais aussi objections et quelques désillusions. L’audience rencontrée par cet ouvrage publié dans la collection Le Psychologue, ses nombreuses réimpresssions régulièrement réactualisées, témoignent de l’importance de cette discipline. Ce manuel distingue le groupe restreint organisé des catégories voisines ( foule, bande, rassemblement ), présente les différents modes de fonctionnement, les champs d’application ( famille, entreprise, vie sociale… ), les techniques de « gestion » d’un groupe, examine les perspectives ouvertes par la psychanalyse groupale, l’analyse transactionnelle et le développement des thérapies corporelles.

Avec Jacques-Yves Martin.
Première édition 1968.
Collection Quadrige, PUF, 2007.


Le discours de l’obsédé dans les romans de Robbe-Grillet

Acte de congrès.
Les entretiens de psychanalyse, 22-23 mai 1965.
Association psychanalytique de France.


Les méthodes projectives

Le concept de projection en psychologie fut « inventé » par L. K. Frank dans un article publié en 1939 dans le Journal of Psychology et les tests projectifs sont devenus un des instruments les plus précieux de la méthode clinique en psychologie et en psychanalyse. Cet ouvrage présente un tableau d’ensemble des tests projectifs dont les deux principaux, taches d’encre de Rorschach et histoires à inventer du TAT, sont largement expliqués, tant sur la méthode de passation que sur l’interprétation. La classification systématique des autres tests projectifs est accompagnée d’une notice sur chacun d’eux.
Publié pour la première fois en poche et régulièrement remis à jour depuis sa première publication en 1961, au fur et à mesure des nombreuses avancées dans le domaine de la projection en psychologie, ce manuel est LA référence obligée de tous les psychologues travaillant sur les tests de personnalité, que ce soit dans le cadre d’un suivi thérapeutique ou celui de conseil en orientation professionnelle. Une théorie psychodynamique de la personnalité est proposée comme modèle de référence du fonctionnement psychique.

Auteurs : Didier Anzieu, Catherine Chabert

Collection Quadrige, PUF.
Parution : 1961, réédition le 10 mars 2004 avec Catherine Chabert.


L’auto-analyse

son rôle dans la découverte de la psychanalyse par Freud, sa fonction en psychanalyse

Thèse universitaire, préface de Daniel Lagache.
Collection Bibliothèque de psychanalyse et de psychologie clinique, PUF.
Parution : 1959


Autres publications de Didier Anzieu