Débats du samedi

Fondation Dosne-Thiers, 27, place Saint-Georges, 75009 Paris
De 14 heures à 17 heures 30.

L’événement

L’événement c’est « ce qui arrive ». Et c’est d’abord, pour certains, le début même de la cure analytique et le troublant décentrage du moi qu’elle opère – l’événement du premier entretien, un seul par cure malheureusement ! L’événement dans l’analyse, ce n’est pas simplement l’impact psychique d’un grand événement de la vie, comme le fait de tomber amoureux, comme l’arrivée d’un enfant ou un deuil. C’est ce qui arrive in situ comme irruption de l’inconscient.
Or combien de fois entendons-nous, pensons-nous aussi : « Rien ne se passe dans cette analyse ». Une phrase qui souligne l’incapacité de la cure à produire un événement et l’espoir de changement qu’il permet d’apercevoir. Au-delà de l’association présente depuis le début chez Freud entre événement et traumatisme, on peut se demander si le retour en force du modèle du trauma à partir de 1920 n’est pas une tentative de réponse aux impasses du traitement analytique. Quand la cure semble figée, quand « l’idée incidente » ne crée plus aucun incident, ses deux protagonistes peuvent alors attendre de la réalité extérieure qu’elle veuille bien produire l’événement que l’inertie du transfert ne permet pas.
Et parfois, effectivement, un incident en apparence minime qui survient dans la cure à partir d’un élément de réalité, est vécu comme un bouleversement, un ébranlement et prend valeur d’événement. Ce transfert-là, survenant justement à la place de l’idée incidente, est porteur de ce que la répétition a jusqu’alors agi sans parole : la tragi-comédie est interrompue par un événement réel, comme lorsque le feu éclate pendant une représentation théâtrale. Ce qui advient alors n’est-ce pas justement un fragment non remémorable de la vie sexuelle infantile ?

2016            
samedi 15 octobre

Fanny Dargent
Anatomie d’un instant

Pas de spectaculaire : l’évènement se loge dans les détails (Kleinigkeit, littéralement : “petit truc”). Reste à penser ce qui donne à un détail sa qualité d’évènement. Ce qui arrive dans la cure, entre un patient et un analyste, se manifeste au cœur du langage, dans l’écart entre les récits faits (parfois de catastrophe) et ce qui se laisse deviner. Comment l’analyste qui écoute se débrouille-t-il pour faire surgir ce qui échappe ? À partir de fragments de cure, il s’agira de penser l’évènement, et son absence, à partir des notions de trace, de mémoire et de perception.

 

Paule Bobillon
D’un meurtre à une épiphanie : l’évènement psychique

Une représentation est refoulée parce que traumatique et traumatique parce que liée au sexuel infantile. Son refoulement est un meurtre de soi toujours à perpétrer et à se répéter sauf à advenir sous une forme nouvelle à la conscience, dans un procès de reprise de la subjectivation. Soumise dès lors au fonctionnement secondaire et à la temporalité, la représentation se constitue en évènement psychique ce dont témoignent les fragments cliniques choisis ou des éléments de la culture et de l’art, notamment picturaux.
Le caractère événementiel de la représentation conditionné par une levée du traumatique et la mobilisation d’un vécu encore jamais éprouvé renvoie aux questions soulevées par la première théorie freudienne du traumatisme et à la crainte de l’effondrement winnicottienne.
La nouveauté de la représentation au bénéfice de la cure interroge le processus de création en général et le détour par une production artistique, picturale promeut la figuration comme la représentation au rang d’évènement psychique. Mais leur rapport au nebenmensch les distingue et protège l’analysant là où elle expose l’artiste. Enfin, la représentation se révèle être tout autant que l’inconscient un schibboleth de la psychanalyse et lui confère un statut révolutionnaire.

samedi 10 décembre

Karinne Guéniche
L’advenant, entre l’avènement du transfert et l’évènement d’une parole

L’advenant, entre l’avènement du transfert et l’évènement d’une parole – d’un côté comme de l’autre – tel sera l’angle et le setting de mon propos, situé donc dans un entre-deux. « Advenant » s’est imposé à moi, à propos de l’évènement, pour désigner, à la manière de Winnicott, le processus lui-même d’advenir dans sa dimension d’actualité vécue, dans sa dimension transférentielle. La transformation « d’advenir » en « advenant » souligne le caractère dynamique, processuel à l’œuvre. Un pari en même temps car, ce qui fait évènement dans la cure (et pour qui ?) est-il toujours le fruit d’un advenant ? En d’autres termes, quelles sont les conditions de possibilité de l’évènement d’une parole ? Et, à l’inverse, de quoi un non évènement de parole pour l’analysant est-il le nom ? La naissance du transfert et ses caractéristiques, peut-être d’ailleurs aussi celles du contre-transfert, seront appréhendées comme l’une des pierres angulaires constitutives de l’advenant.

 

Bernadette Ferrero Madignier
Un évènement de séance

« Aujourd’hui je viens pour la dernière fois. »
Chaque analyse est traversée par de nombreux évènements mais certains seulement saisissent l’analyste et précipitent l’inattendu du déroulement de la cure. Le récit d’une séance illustrera mon propos qui tente de différencier l’évènement analytique des autres évènements.Trois lieux d’inscription soumis à des temporalités différentes seront explorés : le déroulement de la séance et ses effets dans l’après-coup jusqu’à l’écriture après la fin de la cure.

2017            
samedi 4 février

Maria Marcellin
Heureux événement

Un événement peut en cacher un autre. Le transfert représente l’événement central et constitutif de la cure. Il est protéiforme et il tend à se dissimuler plutôt qu’à se manifester. Pour le patient dont je vous parlerai, il avait littéralement pris corps sous la forme d’une maladie somatique affectant des organes hautement symboliques.
L’analyste, de son côté, bénéficie-t-il d’une longueur d’avance ou bien est-ce toujours dans l’après-coup que les effets du transfert s’imposent à lui, à elle, avec toute leur force d’attraction et/ou de répulsion ?
Le travail de déliaison opère à travers la fragmentation du matériel psychique en petites quantités supportables afin que, mine de rien, quelque chose passe de l’un à l’autre des deux protagonistes de la cure.

 

Serge Franco
Un évènement sans histoire

Comme un reste des premiers travaux de la psychanalyse, il n’est pas rare d’entendre des patients dans une quête désespérée de l’évènement traumatique qui pourrait expliquer et par là même, guérir la souffrance psychique.
Du côté de l’analyste, l’appétence pour l’évènement, une grande mémoire des faits, de la généalogie et des dates, s’ils peuvent rassurer narcissiquement les patients, peuvent distraire l’écoute des petites quantités, des petites choses, et peuvent trahir la crainte de la passivité et du silence.
Enfin la narration des évènements peut nous piéger dans une écoute consciente qui ne relève pas de la « troisième oreille ».
Dans ma clinique j’ai pu ainsi remarquer combien l’évènement peut ne plus faire évènement, se figer, ne plus rien avoir d’une révolution dans le temps mais devenir son temps, sa limite et toute son histoire. Je tenterai de montrer à l’aide d’une cure, comment pour l’analyste et l’analysante, un dégagement de l’évènement, dégagement en lien avec la dynamique transféro-contre-transférentielle, a pu enfin se déployer sur plusieurs temps et espaces, et a permis un remaniement interne.

samedi 13 mai

Solange Carton
Monique Selz

Fondation Dosne-Thiers, 27, place Saint-Georges, 75009 Paris
De 14 heures à 17 heures 30.

« La destructivité dans la cure » sera le thème des Débats du samedi de l’année, un sujet qui sera exploré par les différents conférenciers à partir de la diversité de leurs cliniques.

2015            
samedi 10 octobre

Francine Caraman
Vladimir Marinov

samedi 12 décembre

 
Bernard Golse
Détruire ou effacer l’objet – Les mécanismes autistiques et leur impact transférentiel et contre-transférentiel

La capacité de détruire l’objet – et plus encore de l’effacer – pour prévenir la réédition de la douleur de sa perte semble une aptitude propre au vivant.
En ce sens, si l’autisme est rare, une dimension autistique apparaît comme constitutive de la vie psychique en tant que telle.
Ceci n’est pas sans conséquences transférentielles et contre-transférentielles au niveau des traitements psychanalytiques des enfants présentant des fonctionnements autistiques structuraux ou post-dépressifs, voire dans le cadre de cures d’adultes toujours susceptibles de réactiver les fondements de la position autistique.

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Patricia Attigui
Une scène transférentielle pour la destructivité – Réanimer le mort dans le vivant

En tant qu’analogon de la scène psychique, la métaphore théâtrale peut aider l’analyste à cerner les contours d’un ailleurs que la conscience peine parfois à identifier, révélant ainsi un inconscient du texte qui s’empare du sujet et active, excite, comme le disait Freud, son « théâtre privé ». Celui-ci se jouera sur la scène du corps où se conjuguent, au cœur même du processus analytique, et sur la scène transférentielle, héritage psychique, pathologies somatiques et histoires de guerre. Sur cette scène-là viendront s’inscrire, autour d’un récit clinique, maintes figures de destructivité échoïsées dans les vécus corporels d’une patiente et de son analyste, où dans une étroite complicité se noueront douleur et trauma.

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2016            
samedi 6 février

 
Corinne Ehrenberg
Quelles théories pour la destructivité ?

Mon intention est d’essayer de montrer, au travers d’entretiens préliminaires de deux patients abusés dans l’enfance, que l’imagination interprétative de l’analyste résonne singulièrement au récit traumatique : il donne lieu à des constructions « étrangères », insolites ou bizarres. Elles s’échafaudent à partir des théorisations flottantes que la forme du récit du traumatisme induit. Une autre façon de dire que la question de la destructivité se présente d’abord comme une théorisation transférentielle.

 

Claire Tremoulet
Un ouragan dans la cure

La destructivité dans la cure, serait-ce l’endroit où les résistances à l’analyse du patient et celles de l’analyste se donnent la main pour éviter de penser, de progresser, de se séparer ?

samedi 21 mai

 
Isée Bernateau
Dans l’épaisseur du silence

Que penser du silence, non pas le silence de l’analyste, mais celui de l’analysant, quand ce silence dépasse la simple résistance et vient témoigner, au sein de la cure, d’une destructivité singulière ? À travers l’évocation de deux cures, celle d’un adolescent et celle d’une femme, il s’agit d’interroger le sens de leur silence, d’essayer de démêler leur façon, spécifique et distincte, de faire silence.

 

Hélène Hinze
La part sous emprise

Dans la cure, le patient vient pour retrouver son objet perdu, non pas l’objet lui-même – cela il ne le retrouvera jamais – mais les modalités sexuelles érotiques sadomasochistes par le moyen desquelles il a construit cet objet, et par lesquelles il continue à l’agripper, le saisir, s’en emparer, etc… sur le mode de l’accomplissement de désir ; ce qu’il transporte dans la cure. Ces voies-là sont majoritairement des voies courtes de décharge pulsionnelle qui passent par la motilité et la musculature, dont Freud pensait qu’elle a affaire avec la pulsion de destruction. Cela va de la satisfaction du nourrisson qui tète ses lèvres et retrouve ainsi hallucinatoirement le sein, au petit Hans qui s’assied sur sa mère pour la posséder par le moyen de ses pulsions partielles, à la façon du père, jusqu’au langage qui dit, mais aussi qui agit. La cure a pour but non pas le renoncement à l’objet, mais la construction de modes de retrouvailles avec celui-ci par la voie longue des processus secondaires, qui intègrent davantage la dure réalité de la contingence de l’objet.

Fondation Dosne-Thiers, 27, place Saint-Georges, 75009 Paris
De 14 heures à 17 heures 30.

Les trois premiers Débats du samedi donneront l’occasion à deux psychanalystes d’exposer l’état de leur réflexion sur un aspect de leur cheminement théorique et clinique. Le quatrième Débat du samedi sera consacré aux travaux d’un ARCC.

2015            
samedi 30 mai

Filiation, psychanalyse et société

Intervenants : Christian Flavigny, Sophie Marinopoulos, Pierre Lévy-Soussan.

samedi 14 mars

Sophie Bouchet
Henri Asseo

samedi 7 février

Chronique de l’au-delà

Hervé Balondrade

Quand tout est intéressant…

Caroline Thompson

2014            
samedi 11 octobre

Dominique Blin
Frédéric de Mont-Marin

Fondation Dosne-Thiers, 27, place Saint-Georges, 75009 Paris de 14 heures à 17 heures 30.

Pour cette seconde année, les Samedis débats se poursuivront sur le thème : La transmission, ses différentes incidences en psychanalyse. Les trois premiers samedis réuniront chaque fois deux contributions. Le quatrième samedi sera consacré à la présentation du travail d’un atelier de recherche clinique et conceptuelle.

2013            
samedi 12 octobre

Jean-Philippe Dubois
Mi-Kyung Yi

2014            
samedi 8 février

Hélène Hinze
Jean Bousquet

samedi 29 mars

Jocelyne Malosto
Catherine Rodière Rein

Fondation Dosne-Thiers, 27, place Saint-Georges, 75009 Paris de 14 heures à 17 heures 30.

« Ce que tu as hérité de tes pères, acquiers le pour le posséder »… et pour le transmettre serait-on tenté d’ajouter à la fameuse formule extraite du Faust de Goethe, deux fois citée par Freud.
Quel processus désigne et cerne la conjonction de ces verbes – acquérir, posséder, transmettre – dès lors que « l’héritage des pères » concerne la réalité psychique inconsciente et ses effets, les pratiques et les théories qui s’y réfèrent ?

2012            
samedi 20 octobre

De l’oral à l’écrit

Gilberte Gensel
Jean-Yves Tamet

2013            
samedi 9 février

Fin, sans fin : que reste-t-il de nos amours ?

Élisabeth Cialdella Ravet
Jean-Michel Lévy

samedi 6 avril

Débats & Documents

samedi 25 mai

Enveloppes psychiques et transfert

Au cours d’une demi-journée, Marc Delorme, René Dinant, Éric Jaïs et Anne Serisé Dupuis présenteront les travaux de l’ARCC qu’ils animent.