2016-2017

Fondation Dosne-Thiers, 27, place Saint-Georges, 75009 Paris
De 14 heures à 17 heures 30.

L’événement

L’événement c’est « ce qui arrive ». Et c’est d’abord, pour certains, le début même de la cure analytique et le troublant décentrage du moi qu’elle opère – l’événement du premier entretien, un seul par cure malheureusement ! L’événement dans l’analyse, ce n’est pas simplement l’impact psychique d’un grand événement de la vie, comme le fait de tomber amoureux, comme l’arrivée d’un enfant ou un deuil. C’est ce qui arrive in situ comme irruption de l’inconscient.
Or combien de fois entendons-nous, pensons-nous aussi : « Rien ne se passe dans cette analyse ». Une phrase qui souligne l’incapacité de la cure à produire un événement et l’espoir de changement qu’il permet d’apercevoir. Au-delà de l’association présente depuis le début chez Freud entre événement et traumatisme, on peut se demander si le retour en force du modèle du trauma à partir de 1920 n’est pas une tentative de réponse aux impasses du traitement analytique. Quand la cure semble figée, quand « l’idée incidente » ne crée plus aucun incident, ses deux protagonistes peuvent alors attendre de la réalité extérieure qu’elle veuille bien produire l’événement que l’inertie du transfert ne permet pas.
Et parfois, effectivement, un incident en apparence minime qui survient dans la cure à partir d’un élément de réalité, est vécu comme un bouleversement, un ébranlement et prend valeur d’événement. Ce transfert-là, survenant justement à la place de l’idée incidente, est porteur de ce que la répétition a jusqu’alors agi sans parole : la tragi-comédie est interrompue par un événement réel, comme lorsque le feu éclate pendant une représentation théâtrale. Ce qui advient alors n’est-ce pas justement un fragment non remémorable de la vie sexuelle infantile ?

2017            
samedi 13 mai

Solange Carton
L’attente flottante

L’attente de l’événement psychique peut constituer une représentation-but de l’analyse. Ne rien attendre dans la séance – de connu ou d’écrit dans la théorie – pour qu’arrive l’inconnu en est une autre, grâce à l’attention flottante. Chez l’analysant, l’attente des retrouvailles d’un souvenir, ou le rejet de la théorie, sont susceptibles d’animer les résistances à la libre association. Dans les deux cas et différemment, elles freinent la reconnaissance de sa participation aux événements psychiques. De l’attention flottante et la libre association, idéaux théorico-cliniques nécessaires et impossibles, naissent des représentations d’attente.
À partir de fragments de cure, nous tenterons d’en suivre le fil, forgées à partir d’agirs transférentiels, de parole et hors langue, susceptibles d’infléchir la matière et les formes du souvenir.

 

Monique Selz
Le passé inaccompli : moteur de l’événement

Qu’est-ce qu’un événement ? Malgré toutes les interventions qui ont eu lieu cette année sur ce thème, il reste encore pour moi bien difficile de caractériser précisément l’événement, même si intuitivement, je peux reconnaître sa survenue et les effets produits par celle-ci.
Je me suis surtout interrogée sur la question de la causalité : doit-on considérer que tout symptôme relève d’une cause traumatique ? Tout en renonçant à sa neurotica, Freud n’a eu de cesse de rechercher un événement causal traumatique déclencheur de la névrose. Pourtant, la prise de distance avec une telle quête n’est-elle pas la condition pour que l’analyse puisse vraiment commencer ?
Par quelques exemples, je tenterai de montrer comment, grâce au transfert, l’événement dans la cure vient actualiser ce que j’appelle le passé inaccompli, soit un événement resté en suspens, faute de lieu pour s’accomplir.

 

samedi 4 février

Maria Marcellin
Heureux événement

Un événement peut en cacher un autre. Le transfert représente l’événement central et constitutif de la cure. Il est protéiforme et il tend à se dissimuler plutôt qu’à se manifester. Pour le patient dont je vous parlerai, il avait littéralement pris corps sous la forme d’une maladie somatique affectant des organes hautement symboliques.
L’analyste, de son côté, bénéficie-t-il d’une longueur d’avance ou bien est-ce toujours dans l’après-coup que les effets du transfert s’imposent à lui, à elle, avec toute leur force d’attraction et/ou de répulsion ?
Le travail de déliaison opère à travers la fragmentation du matériel psychique en petites quantités supportables afin que, mine de rien, quelque chose passe de l’un à l’autre des deux protagonistes de la cure.

 

Serge Franco
Un évènement sans histoire

Comme un reste des premiers travaux de la psychanalyse, il n’est pas rare d’entendre des patients dans une quête désespérée de l’évènement traumatique qui pourrait expliquer et par là même, guérir la souffrance psychique.
Du côté de l’analyste, l’appétence pour l’évènement, une grande mémoire des faits, de la généalogie et des dates, s’ils peuvent rassurer narcissiquement les patients, peuvent distraire l’écoute des petites quantités, des petites choses, et peuvent trahir la crainte de la passivité et du silence.
Enfin la narration des évènements peut nous piéger dans une écoute consciente qui ne relève pas de la « troisième oreille ».
Dans ma clinique j’ai pu ainsi remarquer combien l’évènement peut ne plus faire évènement, se figer, ne plus rien avoir d’une révolution dans le temps mais devenir son temps, sa limite et toute son histoire. Je tenterai de montrer à l’aide d’une cure, comment pour l’analyste et l’analysante, un dégagement de l’évènement, dégagement en lien avec la dynamique transféro-contre-transférentielle, a pu enfin se déployer sur plusieurs temps et espaces, et a permis un remaniement interne.

2016            
samedi 10 décembre

Karinne Guéniche
L’advenant, entre l’avènement du transfert et l’évènement d’une parole

L’advenant, entre l’avènement du transfert et l’évènement d’une parole – d’un côté comme de l’autre – tel sera l’angle et le setting de mon propos, situé donc dans un entre-deux. « Advenant » s’est imposé à moi, à propos de l’évènement, pour désigner, à la manière de Winnicott, le processus lui-même d’advenir dans sa dimension d’actualité vécue, dans sa dimension transférentielle. La transformation « d’advenir » en « advenant » souligne le caractère dynamique, processuel à l’œuvre. Un pari en même temps car, ce qui fait évènement dans la cure (et pour qui ?) est-il toujours le fruit d’un advenant ? En d’autres termes, quelles sont les conditions de possibilité de l’évènement d’une parole ? Et, à l’inverse, de quoi un non évènement de parole pour l’analysant est-il le nom ? La naissance du transfert et ses caractéristiques, peut-être d’ailleurs aussi celles du contre-transfert, seront appréhendées comme l’une des pierres angulaires constitutives de l’advenant.

 

Bernadette Ferrero Madignier
Un évènement de séance

« Aujourd’hui je viens pour la dernière fois. »
Chaque analyse est traversée par de nombreux évènements mais certains seulement saisissent l’analyste et précipitent l’inattendu du déroulement de la cure. Le récit d’une séance illustrera mon propos qui tente de différencier l’évènement analytique des autres évènements.Trois lieux d’inscription soumis à des temporalités différentes seront explorés : le déroulement de la séance et ses effets dans l’après-coup jusqu’à l’écriture après la fin de la cure.

samedi 15 octobre

Fanny Dargent
Anatomie d’un instant

Pas de spectaculaire : l’évènement se loge dans les détails (Kleinigkeit, littéralement : “petit truc”). Reste à penser ce qui donne à un détail sa qualité d’évènement. Ce qui arrive dans la cure, entre un patient et un analyste, se manifeste au cœur du langage, dans l’écart entre les récits faits (parfois de catastrophe) et ce qui se laisse deviner. Comment l’analyste qui écoute se débrouille-t-il pour faire surgir ce qui échappe ? À partir de fragments de cure, il s’agira de penser l’évènement, et son absence, à partir des notions de trace, de mémoire et de perception.

 

Paule Bobillon
D’un meurtre à une épiphanie : l’évènement psychique

Une représentation est refoulée parce que traumatique et traumatique parce que liée au sexuel infantile. Son refoulement est un meurtre de soi toujours à perpétrer et à se répéter sauf à advenir sous une forme nouvelle à la conscience, dans un procès de reprise de la subjectivation. Soumise dès lors au fonctionnement secondaire et à la temporalité, la représentation se constitue en évènement psychique ce dont témoignent les fragments cliniques choisis ou des éléments de la culture et de l’art, notamment picturaux.
Le caractère événementiel de la représentation conditionné par une levée du traumatique et la mobilisation d’un vécu encore jamais éprouvé renvoie aux questions soulevées par la première théorie freudienne du traumatisme et à la crainte de l’effondrement winnicottienne.
La nouveauté de la représentation au bénéfice de la cure interroge le processus de création en général et le détour par une production artistique, picturale promeut la figuration comme la représentation au rang d’évènement psychique. Mais leur rapport au nebenmensch les distingue et protège l’analysant là où elle expose l’artiste. Enfin, la représentation se révèle être tout autant que l’inconscient un schibboleth de la psychanalyse et lui confère un statut révolutionnaire.


2016-2017

Fondation Dosne-Thiers, 27, place Saint-Georges, 75009 Paris.

2016            
Samedi 11 et dimanche 12 juin

Retour sur l’angoisse

Directeur de discussion : Catherine Chabert
Intervenants :
Josef Ludin : Ervartungsangst – L’angoisse d’attente
Françoise Neau : Angoisse de transfert, angoisse dans le transfert ?
Leopoldo Bleger : Une pensée à haute voix.

2017            
Samedi 10 et dimanche 11 juin

Le meurtre de la mère

Directeur de discussion : Laurence Kahn.
Intervenants : Jean-Louis Baldacci, Lucile Durrmeyer, Patrick Merot.


2012-2013

Il n’y a pas de meilleure façon d’annoncer cet après-midi consacré à la Nouvelle Revue de Psychanalyse que de reproduire ici le texte figurant sur la quatrième de couverture du premier numéro (printemps 1970) :

« Chacun sent que la psychanalyse n’est pas une discipline parmi d’autres, qui aurait ses “spécialistes”, détenteurs du savoir sur l’inconscient, et serait assurée des frontières de son champ d’application ; mais il n’est pas vrai non plus qu’on doive lui reconnaître le privilège exorbitant d’être partout et nulle part.[…] »

2012            
Samedi 10 novembre

Table ronde avec J.-B. Pontalis
et Corinne Ehrenberg, Mathilde Girard, Edmundo Gómez Mango